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L'InCa lance sa campagne de dépistage du cancer colorectal
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Publié le 16/09/2008 17:52 par Pierre Livan

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Photo : InCa
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            (Continental News)

L'Institut national du cancer (InCa) a lancé une nouvelle campagne de communication nationale d'incitation au dépistage du cancer colorectal pour les hommes et les femmes à partir de 50 ans.

La campagne a pour vocation première d'impliquer sur l'enjeu de santé majeur que constitue le dépistage du colorectal. Elle sera diffusée à la radio du 13 septembre au 14 octobre 2008 et s'inscrit dans le prolongement d'un programme de communication initié en mars 2008 avec la Semaine nationale contre le cancer colorectal (24-30 mars).

La campagne TV sera diffusée du 14 septembre au 8 octobre sur les chaînes hertziennes TF1, France2, France 3, Canal + et M6, et sur une sélection de chaînes de la TNT, du câble, du satellite, et des DOM, les plus en adéquation avec la cible des 50-74 ans (TMC, TV Breizh, RTL 9, Planète Thalassa, Arte, Vivolta, Paris Première, France 4, LCI, National Geographic, Voyage, TF6).

Le cancer colorectal représente, par sa fréquence, le troisième cancer chez l'homme et le deuxième chez la femme.

Le côlon et le rectum sont situés entre l'intestin grêle et l'anus. C'est dans le côlon que les matière fécales sont concentrées (l'eau et le sel sont réabsorbés), puis acheminées jusqu'à l'ampoule rectale qui assure un rôle de réservoir. La continence est assurée par un muscle, le sphincter anal.
Le cancer colorectal doit être distingué du cancer de l'anus. La prise en charge est différente, l'examen au microscope permet la distinction.
Le cancer colorectal représente, par sa fréquence le troisième cancer chez l'homme et le deuxième chez la femme.

En France, on estimait en 2005 à 37 413 le nombre de nouveaux cas et à 16 865 le nombre de décès. Le cancer colorectal est le troisième cancer le plus fréquent après le cancer de la prostate et le cancer du sein. L'incidence de ce cancer tend à se stabiliser tandis que la mortalité décroît chez l'homme comme chez la femme. Les taux standardisés qui permettent de s'affranchir des effets liés aux facteurs démographiques (accroissement et vieillissement de la population) ont évolué en moyenne pour l'incidence :

    * Chez l'homme, de 0,5% par an entre 1980 et 2005 et de - 0,5% par an sur la période 2000-2005
    * Chez la femme, de 0,3% par an entre 1980 et 2005 et de 0,1% par an sur la période 2000-2005

Pour la mortalité:

    * Chez l'homme, de -1,1% par an entre 1980 et 2005 et de -1,2% par an entre 2000 et 2005
    * Chez la femme, de -1,3% par an entre 1980 et 2005 et de - 0,8% par an entre 2000 et 2005.

(Chiffres InVS-HCL-Francim-INCa)

Le cancer colorectal reste toutefois le deuxième cancer en termes de mortalité derrière le cancer du poumon. Il devance le cancer du sein et le cancer de la prostate. Par ailleurs, la survie relative à 5 ans de ce cancer est de 56% (tous stades confondus). Ce taux se situe au-dessus de la moyenne européenne. La survie dépend étroitement du stade de la maladie au moment du diagnostic. Une étude a ainsi montré que la survie relative à 5 ans pour une personne diagnostiquée au stade I, c'est-à-dire le stade le plus précoce, est de 94% d'où l'intérêt de dépister et de pouvoir, si une anomalie est détectée, la prendre en charge le plus tôt possible. 

Environ 40 % des cancers touchent le rectum et 60 % le côlon où la localisation principale est le sigmoïde. La majorité des cancers coliques touchent donc la dernière partie du côlon.

Plus de 940 000 nouveaux cas de cancers colorectaux surviennent chaque année dans le monde. La France métropolitaine se situe parmi les régions à risque élevé (ne s'applique pas à La Réunion), tout comme les autres pays d'Europe de l'Ouest, les USA, l'Australie et, plus récemment, le Japon. Ce cancer est beaucoup plus rare en Amérique du Sud, en Asie et surtout en Afrique.

Facteurs de risque

Le cancer colorectal se développe le plus souvent à partir d'un polype adénomateux, encore appelé adénome. Des différents types de polypes adénomateux, l'adénome villeux (5 % des polypes) est celui qui a le plus de risque de se transformer en cancer. La détection et l'exérèse des polypes adénomateux permet de réduire le risque de cancer colorectal qui est d'autant plus élevé que le polype fait plus de 2 cm de diamètre.
Le facteur génétique est en cause dans deux formes de cancers colorectaux : la polyadénomatose recto-colique familiale qui est caractérisée par une mutation du gène APC et le syndrome de Lynch (cancers colorectaux héréditaires sans polypose) caractérisé par des anomalies sur des gènes codants pour les protéines de réparation de l'ADN. Ces cancers héréditaires représentent moins de 10 % de l'ensemble des cancers colorectaux et surviennent avant 40 ans, préférentiellement aux dépens du colon droit.
Le risque est également augmenté chez les personnes ayant un antécédent personnel ou familial (parent du 1er degré) d'adénome ou de cancer colorectal ou chez les personnes souffrant d'une colite inflammatoire.
La responsabilité du mode de vie dans le développement du cancer colorectal est importante. L'effet protecteur des fruits et légumes frais et de l'activité physique est établi, de même que l'effet néfaste d'un apport calorique excessif et riche en graisses animales.

Dépistage

Le dépistage organisé du cancer colorectal repose sur la recherche de saignement occulte dans les selles (test Hemoccult II®) chez les 50-74 ans tous les deux ans. Il couvrait début 2008, 88 départements et sera étendu à la totalité du territoire à fin 2008. Ce programme de dépistage organisé a été initié par les pouvoirs publics à partir de 2002 et expérimenté dans 23 départements pilotes.

En pratique, les structures de gestion invitent par courrier les personnes âgées de 50 à 74 ans à se rendre chez leur médecin généraliste pour se faire expliquer la démarche. Le médecin détermine alors si le test est approprié à la situation de son patient et dans l'affirmative, lui remet le test après en avoir expliqué les modalités d'utilisation.

En cas de test négatif (97% des cas), la personne est invitée à renouveler ce dépistage deux ans plus tard. Elle est également sensibilisée aux signes d'alerte devant la conduire à consulter son médecin sans attendre ce délai de deux ans.

En cas de test positif, le médecin traitant prescrit une coloscopie pour confirmer ou infirmer la présence d'anomalies dans le côlon ou le rectum. La coloscopie permet en outre de retirer d'éventuels polypes.  Elle se fait sous anesthésie générale.

Chez les sujets à haut risque (existence d'antécédents familiaux notamment) ou à très haut risque (polypose adénomateuse familiale ou syndrome de Lynch), une coloscopie est proposée d'emblée, généralement avant 50 ans, parfois même dès l'âge de 20 ans.
En cas de suspicion d'une forme familiale de cancer colorectal, une consultation d'oncogénétique est proposée. Un arbre généalogique est établi et s'il confirme l'existence de plusieurs cas de cancers dans la famille, un prélèvement sanguin est effectué. Cette recherche, si elle est positive, s'étend aux ascendants, descendants, frères, soeurs, neveux et nièces. Dans ce cas, les porteurs de l'anomalie se verront proposer un conseil génétique et des mesures de surveillance définies en fonction de l'anomalie et de l'âge de la personne notamment.

Symptômes

    * Douleurs abdominales
    * Troubles du transit intestinal : constipation soudaine ou diarrhée qui se prolonge, voire alternance des deux
    * Pour le cancer du rectum, rectorragies associées ou non à de faux besoins
    * Anémie
    * Présence de sang dans les selles

Toutefois, le cancer du côlon peut rester longtemps asymptomatique. A un stade avancé, des complications comme l'occlusion ou la perforation tumorale ou encore l'altération de l'état général, peuvent révéler le cancer.

Diagnostic et bilan d'extension

Le diagnostic du cancer du côlon repose sur la coloscopie totale, qui permet de visualiser la tumeur et de réaliser des biopsies.
Le diagnostic de cancer du rectum, plus accessible à l'examen clinique (toucher rectal), est fait par la rectoscopie qui permet aussi des biopsies. Cet examen doit être complété par une coloscopie et, si elle n'est pas possible, par un examen radiologique (lavement baryté).
D'autres examens : dosage de l'antigène carcino embryonnaire (ACE), radiographie pulmonaire, échographie hépatique et éventuellement un scanner abdominal permettent d'identifier les formes métastatiques.
Pour le cancer du rectum, une échographie endorectale et éventuellement un scanner ou une IRM peuvent être prescrits.

Traitements

La chirurgie reste le traitement de base des cancers colorectaux. Elle consiste en l'exérèse de la tumeur ainsi que celle des vaisseaux et du mésocolon, contenant les canaux et les ganglions lymphatiques. Le type d'intervention dépend du siège de la tumeur. Elle peut être réalisée en deux temps avec réalisation d'une colostomie provisoire (anus artificiel), la continuité étant rétablie quelques semaines à quelques mois après la première intervention. Dans les cancers rectaux situés très près du sphincter anal, la colostomie est parfois définitive.
La chirurgie par coelioscopie est une alternative assez fréquente à la chirurgie classique. Elle offre la même sécurité et améliore la qualité de vie des patients (réduction de la douleur post-opératoire, de la durée d'hospitalisation, cicatrices discrètes et risque réduits d'éventration).
La chirurgie peut entraîner des effets secondaires comme des troubles de l'érection si l'intervention a porté sur le rectum ou des troubles du transit qui sont corrigés par des mesures diététiques.

La radiothérapie peut être prescrite dans le cancer du rectum, elle est de plus en plus souvent associée à une chimiothérapie concomitante en pré-opératoire.
Les effets secondaires de la radiothérapie sont variables selon les personnes. La rougeur de la peau peut être atténuée par des soins locaux. La cystite radique (envie impérieuse d'uriner et sensations de brûlures) peut être soulagée en buvant beaucoup et en préférant de l'eau bicarbonatée. Les troubles de l'érection peuvent justifier la consultation d'un sexologue.

La chimiothérapie peut être prescrite à titre préventif pour éviter les métastases lorsque la tumeur a atteint les ganglions lymphatiques (chimiothérapie adjuvante).
Pour les cancers avec métastases, le traitement repose sur la chimiothérapie. Les métastases hépatiques peuvent faire l'objet d'un traitement chirurgical, elles peuvent aussi être traitées par radiofréquences qui les détruisent par la chaleur.
Les effets secondaires de la chimiothérapie dépendent des produits utilisés, ils peuvent être prévenus ou atténués par des traitements symptomatiques adaptés.

Le suivi

Il est réalisé tous les quatre ou six mois selon les cancers, les trois premières années, puis tous les ans ensuite. Il repose sur l'examen clinique, la radiographie pulmonaire, l'échographie abdomino-pelvienne et l'écho-endoscopie pour les tumeurs du rectum. Une coloscopie est pratiquée tous les ans, puis tous les 3 ans.
Le dosage du taux d'ACE dans le suivi a fait la preuve de son utilité.
Du côté de la recherche

Les avancées en matière de chimiothérapie sont régulières, de nouveaux traitements comme les anti-angiogéniques constituent un progrès dans le traitement du cancer du côlon métastatique. Ces produits inhibent la croissance des vaisseaux sanguins qui alimentent la tumeur et enrayent ainsi sa progression et sa dissémination dans l'organisme.
Le développement de formes orales des chimiothérapies est susceptible, pour certains patients, de faciliter le maintien d'une vie active.

 

Pour en savoir plus, visitez le site de l'Institut National du cancer

 
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