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La santé et ses reformes
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Publié le 29/06/2008 13:59 par Q. Oran

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Photo : Centre hospitalier
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            (Continental News)

Permettez-moi, et pour la première fois, que j’entame dans votre journal un sujet de l’heure et d’actualité dans notre pays où on parle de réforme hospitalière et en rendant hommage à votre journal (Le Quotidien d’Oran) pour son ampleur et son professionnalisme et à travers ses rubriques plusieurs thèmes sont décortiqués et rendus publics aux lecteurs.

La carte sanitaire


 Avec l’arrivée de monsieur le Ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, la santé publique a su mettre en branle ses réformes et a connu la création des établissements appelés Etablissements publics de santé (Etablissements publics hospitaliers - Etablissements publics de santé de proximité) et la réforme enregistrée au niveaux des Etablissements hospitalo-universitaires et Etablissements hospitaliers spécialisés.

Distribution et hiérarchisation des soins


 La prise en charge du citoyen et du malade demeure pour ainsi dire tributaire d’un ensemble de paramètres de gestion, d’indicateurs démographiques, d’indicateurs épidémiologiques, de ratios de wilaya et de région par rapport aux normes nationales. De ce fait, la mise en place d’un système de gestion sanitaire doit s’insérer dans un plan coordonné d’aménagement, intégrant à la fois l’utilisation judicieuse du potentiel humain, matériel, plateaux techniques, logistiques et roulants d’une part et le développement global et harmonieux de la population d’autre part.

En matière de gestion humaine, il est plus que nécessaire de mettre au point un système de formation de qualité et un recyclage spécifique au profit des personnels qui répond aux exigences et à la demande des services de santé existants et à la création des services spécialisés selon un schéma organisationnel des structures en cours de réalisation ou en voie de mise en service.

La carte sanitaire

Tenant compte de la nouvelle carte sanitaire initiée avec la création de nouveaux Etablissements publics de santé, il est impératif de fournir les éléments de programmation et la mise en branle de l’ensemble des moyens avec la mise en service des activités de proximité nécessaires en matière de distribution de soins de base au niveau des structures de santé.

Pour ainsi dire, la carte sanitaire reste un schéma directeur d’aménagement des structures sanitaires et grâce à un recensement exhaustif des moyens humains, matériels, plateaux techniques, logistiques et roulants permettra ainsi une distribution et une hiérarchisation des soins harmonieuse et équitable basée sur une étude de paramètres de gestion et indices démographiques et épidémiologiques par wilaya et par région. Ainsi donc, l’application du système de santé reste fondé sur l’établissement de la carte sanitaire qui demeure un instrument de travail de base non négligeable qui permet d’atteindre les objectifs assignés, l’identification des aires géo-sanitaires capables de répondre efficacement aux besoins divers de santé curative et de médecine préventive.

Il est nécessaire de quantifier les charges et les besoins de la population desservie selon une étude d’une période donnée en s’inspirant des spécificités de chaque localité ou région sur la base du recensement des établissements publics et privés de santé, des spécialités recensées à l’échelle locale ou régionale et le bilan des activités et des actions entreprises (performances hospitalières, paramètres de gestion, l’aspect démographique, l’aspect épidémiologique et des résultats des enquêtes épidémiologiques et enfin les ratios par rapport aux normes nationales).

Prévention sanitaire


 On ne peut réussir une politique de santé si on n’arrive pas à arrêter un cahier des charges, à suivre, à concrétiser et distinguer le mode d’évaluation par programme sanitaire national d’une part et les programmes spécifiques arrêtés pour une wilaya ou une région donnée d’autre part.

 On peut citer des groupes de programmes tels que:

- Morbidité et mortalité imputables aux maladies transmissibles prévalentes.

- Morbidité et mortalité dues aux maladies non transmissibles prévalentes.

- Morbidité et mortalité maternelle, infantile et juvénile.

- Programmes de réduction de la morbidité due aux carences nutritionnelles.

- Promotion de la santé en milieu spécifique (scolaire, formation professionnelle et universitaire, et de médecine du travail).

- Morbidité et mortalité dues aux fléaux divers (tabac, drogue, alcool, etc.).

La supervision des programmes
sanitaires nationaux


 Le service d’épidémiologie et de médecine préventive (SEMEP) demeure l’axe et le coordinateur principal de la santé de proximité, notamment avec la création des établissements publics de santé de proximité (nouvelle carte sanitaire) donc son statut juridique, son organisation, son fonctionnement, ses relations de travail et de coordination, le mode d’évaluation de ses activités doivent être revus selon les objectifs des nouveaux établissements de santé.

Il est plus que nécessaire d’organiser des assises sur la médecine ou la santé de proximité où participeront l’ensemble des partenaires de santé publique, du privé, le parapublic, les associations à caractère sanitaire, les juristes et d’envisager en commun accord un dispositif de santé préventive qui réponde aux normes et à la qualité des prestations requises à la population.

La supervision d’un programme donné est une méthode spécifique qui fait appel au bon sens et à la logique, elle part d’un cahier des charges réelles et selon les spécificités et les besoins de la région et se propose de résoudre de la manière la plus efficace dans l’espace et dans le temps en utilisant les ressources existantes de façon la plus optimale. Le service d’épidémiologie et de médecine préventive ne peut en aucun cas superviser de façon continue, correcte et équitable l’ensemble des programmes sanitaires nationaux; ce qui oblige la désignation et la nomination de superviseurs de programmes.

Tout personnel spécialisé, recyclé et soucieux d’atteindre des résultats probants et significatifs peut prétendre à superviser un ou plusieurs programmes et dont les cahiers des charges seront établis par un groupe de travail spécialisé et concerné par ledit programme avec des objectifs à atteindre dans l’immédiat, à court, à moyen et à long terme.

Actions multisectorielles


La création, la relance et la redynamisation des commissions et des comités intersectoriels repose sur une réflexion de haut niveau où seront étudiés les modalités techniques, pratiques, administratives et le mode d’évaluation à mettre en place afin de réussir le travail de ces comités et commissions.

Ces modalités ne peuvent être arrêtées et mises en service que si un bilan exhaustif est établi reflétant les insuffisances qui se répercutent négativement sur la concrétisation des objectifs tracés et à atteindre (programme de lutte contre les maladies à transmission hydrique, la lutte contre les zoonoses, la santé scolaire, la médecine du travail, les centres de vacances et de loisirs pour jeunes, de l’hygiène et de la salubrité publique, etc.). Compte tenu des vastes programmes qui leur sont confiés, une attention particulière devra être accordée aux Bureaux d’hygiène communaux et Intercommunaux du point de vue organisation et fonctionnement et selon la réglementation en vigueur. A ce propos et pour une meilleure coordination entre les membres, il est envisageable de créer des Bureaux d’hygiène Intercommunaux sous l’autorité des chefs de daïra afin de permettre une présence permanente des membres et de réguler les moyens de dépistage, matériels, bureautiques et roulants avec la création d’un laboratoire d’hygiène de daïra (analyses des eaux et des aliments, une aile pour la bacilloscopie pour la lutte antituberculeuse) et la mise à la disposition du bureau un véhicule.

Conseils aux nouveaux élus locaux


 Avant de clore le présent article portant sur la carte et la prévention sanitaire, je tiens à proposer un certain nombre de recommandations à titre de conseils aux nouveaux élus locaux afin de parer et prévenir toutes les éventualités d’ordre épidémiologique et toxi-infections alimentaires collectives. Partant du principe que la notification des cas de maladies dites saisonnières s’accentue durant la période estivale et provoquée par plusieurs apparences telles que l’environnement insalubre, la mauvaise gestion des eaux, l’évacuation inadéquate des ordures ménagères favorisant la multiplication des décharges sauvages, la non-protection des points d’eau à usage individuel et collectif, la mauvaise manipulation, préparation, cuisson et conservation des aliments, le choix de la matière pour la préparation des potages et des gâteaux, surtout au niveau domestique lors des rencontres familiales et le non-respect de la chaîne du froid. De ce qui précède et vu l’importance et la diversité du problème, il est impératif de suivre les conseils suivants:

- Recenser les ouvrages hydrauliques et les points d’eau à usage collectif par gestion (gérés par l’Hydraulique, l’APC, l’ADE et l’Agriculture) et informatiser le fichier de ces points d’eau en précisant le mode de traitement de chacun des points d’eau et ouvrages hydrauliques.

- Assurer un périmètre de protection des points d’eau à usage collectif pour éviter la contamination des eaux de boisson et éviter l’accès aux animaux.

- Procéder aux travaux de curage, de nettoyage et de désinfection des grands ouvrages hydrauliques et des points d’eau collectifs gérés par la commune et suivre techniquement les mêmes travaux entrepris par les autres gestionnaires ADE, Hydraulique, Agriculture.

- Procéder au curage des oueds et assurer leur nettoyage.

- Procéder aux vidanges des fosses septiques et lieux d’aisances situés au niveau des agglomérations dépourvues de réseaux d’égouts.

- Détruire les toilettes et lieux d’aisances situés en amont des points d’eau afin d’éliminer toute cause de contamination ou d’infiltration d’eaux usées dans la nappe d’eau souterraine.

- Traiter les eaux usées avant leur rejet au niveau de la mer et les plages.

- Réglementer l’enlèvement des ordures ménagères et identifier à la population les endroits de dépôt de leurs ordures.

- Réglementer également les citernes d’approvisionnement en eau potable à la population comme suit:

- Peindre les citernes en couleur bleue.

- Mentionner EAU POTABLE en couleur blanche sur la citerne.

- Ouvrir une fiche de contrôle du chlore à présenter aux services concernés lors des contrôles.

- Mentionner la date du nettoyage de la citerne sur la fiche.

- Identifier les points d’eau d’approvisionnement conçus à cet effet.

- Organiser en coordination avec les services techniques de la commune des opérations de dératisation, de désinsectisation et de démoustication selon un calendrier établi au préalable et en fonction des échéances d’intervention.

- Organiser des opérations anti-larvaires le mois de mars ou avril de chaque année pour éviter la prolifération des moustiques durant la saison chaude.

- Eliminer les eaux stagnantes responsables de la pullulation des larves de moustiques.

- Interdire toute vente clandestine de produits alimentaires, de sorbets, crèmes glacées et pâtisseries, particulièrement durant la saison chaude et au niveau des plages.

- L’installation des camps de toile pour camping est soumise à une réglementation spécifique et au régime intersectoriel.

- Les APC côtières doivent identifier les points d’approvisionnement en eau à la population, et de les traiter avant l’ouverture de la saison touristique et sont soumis à une surveillance chlorométrie en permanence.

- Les communes côtières doivent également inviter les propriétaires des cabanons à procéder aux travaux de curage et de traitement de leurs puits individuels et à vidanger leurs fosses septiques et lieux d’aisances avant l’ouverture de la saison estivale.

- Le Bureau d’hygiène communal doit participer activement aux travaux de l’intersectorialité notamment en matière de conseils aux estivants, aux commerçants, surtout au niveau des collectivités (centres de vacances et loisirs pour jeunes, les camps familiaux et touristiques).

- Enfin, organiser des rencontres d’information locales, régionales et nationales de sensibilisation au profit des utilisateurs initiées par le secrétariat des différents comités de lutte contre les maladies d’origine hydrique et animées par des spécialistes.

M. Belhia Laidouni, Ex-cadre de la DSP d’OranEx-chef de service de la Santé et la Prévention DSP de Aïn Témouchent/ Quotidien d'Oran


 
 
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