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Le lien entre portables et cancers préoccupe les experts
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Publié le 26/09/2008 14:08 par Angela Canberra

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Photo : Santé
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            (Continentalnews)

Le lien entre téléphone portable et cancers préoccupe des scientifiques américains. Toutefois, les effets sur la santé des téléphones portables n'ont jamais été prouvés.

Alors que les techniques de téléphonie mobile sont en plein développement, plusieurs études scientifiques parues récemment mettent en évidence la possibilité d'un risque faible d'effet sanitaire lié aux téléphones portables après une utilisation intense et de longue durée.

La téléphonie mobile s'est largement développée au début des années 90. Elle repose sur l'utilisation de champs électromagnétiques (l'émission de radiofréquences) dont certains (ceux à fréquence extrêmement basse) ont été reconnus comme potentiellement cancérigènes par le CIRC. Les téléphones portables travaillent sur des gammes de fréquences différentes, beaucoup plus élevées (400 à 2 100 MHz). Toutefois, la majeure partie des ondes est absorbée par les cellules des organes situés à proximité immédiate de l'appareil. Dès lors, compte tenu de la rapide progression du nombre d'utilisateurs de téléphones mobiles, il convient de rechercher un éventuel impact de ces ondes sur la santé, et notamment de déterminer si elles majorent ou non le risque de cancer de la tête. De nombreuses études -dont les résultats sont contradictoires- ont déjà été publiées.

L'étude INTERPHONE : la publication israélienne

L'étude internationale multicentrique INTERPHONE, coordonnée par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC), a été mise en place, dans ce contexte, en 1999. Elle est menée dans 13 pays. La publication israélienne1 , récemment rapportée par la presse, selon laquelle l'usage fréquent du téléphone portable majorerait le risque de tumeurs bénignes de la parotide, s'inscrit dans ce cadre. Elle a inclus 402 patients atteints d'une tumeur parotidienne bénigne, et 58 d'une tumeur parotidienne maligne. Le groupe témoin comportait 1266 individus.

Globalement, les auteurs n'ont observé aucune augmentation du risque de tumeur parotidienne consécutive à l'utilisation du téléphone portable. Toutefois, ce risque serait augmenté d'environ 50% dans une sous-population qui ne représente que 27% de l'échantillon observé : les utilisateurs réguliers en milieu rural et mixte (ville-campagne).
Cette étude suscite quelques commentaires :

- l'analyse principale ne révèle aucune anomalie. Mais les auteurs ont ensuite découpé la population étudiée en sous-groupes dont les effectifs sont de plus en plus faibles et donc de moins en moins représentatifs. On majore ainsi le risque de mettre en évidence de fausses associations : c'est le risque d'erreur non contrôlé ;

- Les associations retrouvées dans cette étude concernent des tumeurs bénignes ;

- Les auteurs ont renseigné les habitudes téléphoniques par un questionnaire. Outre le fait qu'il est difficile de se rappeler du nombre d'appels téléphoniques reçus ou donnés des mois, voire des années auparavant, on génère un biais de mémoire lorsqu'on s'adresse à des malades.

Cette étude ne remet donc pas en cause les conclusions établies jusqu'à présent sur le sujet : il n'y a pas, dans l'état actuel des connaissances, d'association prouvée entre le risque de développer une tumeur maligne et le téléphone portable.
 
L'étude INTERPHONE : la publication française

La partie française de l'étude INTERPHONE a également été publiée2 . Elle porte sur un échantillon de 490 patients (160 gliomes, 190 méningiomes, 140 neurinomes) et 639 témoins. Les auteurs ne montrent pas « l'existence d'un excès de risque significatif associé à la consommation téléphonique portable pour les trois types de tumeurs étudiés. » Toutefois, « l'analyse des gliomes montre une proportion plus importante d'utilisateurs réguliers chez les cas (61,5 %) que chez les témoins (56,3 %) [OR = 1,15 ; IC 95 % : 0,65–2,05] ». Les auteurs estiment que ces « résultats, suggérant la possibilité d'une augmentation du risque de gliome pour les forts utilisateurs, devront être vérifiés dans les analyses internationales de l'étude INTERPHONE. » Toutefois, la puissance de l'étude est limitée et l'intervalle de confiance ne permet de tirer aucune conclusion solide.
 

1 S. Sadetzki et al. Cellular phone use and risk of benign and malignant parotid gland tumors. Am J of epidemiology. Advanced Access published Decembre 6, 2007 © Institut National du cancer
 
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