Alors qu'une nouvelle journée de mobilisation est prévue mardi contre le projet de loi "Hôpital, patients, santé et territoires", la ministre de la Santé défend son texte adopté le 10 mars et qui sera examiné à l’Assemblée Nationale le 11 mai 2009.
La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, est revenue sur les points principaux de cette loi en répondant au à la Tribune signée par 25 professeurs de médecine.
Répondant aux inquiétudes des médecins qui ont lancé "l'appel des 25", Roselyne Bachelot donne les réponses suivantes :
Elle s'étonne que les signataires réclament la tenue d’états généraux de l’hôpital alors que "la loi a été élaborée suite à un travail de concertation sans précédent", qui a été menée sous l’égide de Gérard Larcher, donnant l'occasion aux acteurs hospitaliers de s'exprimer. "Ce sont leurs propositions qui ont été reprises dans la loi", rappelle la ministre.
Dénoncer la "suppressions massives de postes" reviendrait à ignorer que "l’hôpital public a vu ses effectifs croître de 11,4%" en dix ans.
La "tarification des actes identiques dans le public et le privé" que dénonce les signataires ne tient pas la route, selon la ministre. A prestations égales, la différence actuelle entre le public et le privé serait "à 30% en faveur du public", indique Bachelot.
Les signataires ont dénoncé un "malade réduit au tarif de sa maladie". Roselyne Bachelot sa demande s'ils ignorent que "les transformations de la tarification" décidées cette année prennent en compte "la précarité sociale des malades et la sévérité des pathologies". La dotation globale constituait, selon elle, "le financement le plus injuste".
Quant à la valorisation des métiers de l’hôpital, Roselyne Bachelot explique que "le processus LMD est enclenché" et qu’il concernera "l’ensemble des professions", et devrait notamment concerner les infirmières, améliorant les carrières et les statuts.
La ministre de la Santé donne son point de vue sur le "directeur qui pourrait n’avoir aucune compétence médicale ou en santé ". Elle rappelle que les professionnels de santé publique sont formés à l’Ecole des hautes études en santé publique (EHESP) et qu'ils sont hautement compétents.
Ce n'est pas non plus la peine de réclamer "une répartition hospitalière harmonieuse sur tout le territoire" puisque la loi Bachelot "donne les outils pour cela", avec "l’instauration de communautés hospitalières de territoire".
Bachelot n'est pas adepte d'"une médecine mercantile". Pour elle, "la mauvaise gestion est la pire ennemie d’une médecine de qualité". La ministre de la Santé dit que "l’hôpital a besoin de moyens", et elle les lui donne "en augmentant de 3,1% les dépenses hospitalières" au moment où la France traverse une crise sans précédent. L'hôpital a aussi besoin d’organisation et "la loi la lui donne".
Roselyne Bachelot exhorte les médecins signataires à lire sa loi au lieu de la caricaturer. Ils comprendront par eux-mêmes que "le pouvoir médical est désormais organisé et protégé".
Roselyne Bachelot n'exclut pas que la loi puisse encore évoluer.



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