La réduction du temps de sommeil et la mauvaise hygiène de sommeil, deux comportements inadaptés et fréquents, retentissent négativement sur le fonctionnement diurne et sont méconnus. En 50 ans, il a été observé, à partir d’études scientifiques et d’enquêtes sur le sommeil, une réduction du temps de sommeil de 1 heure 30 environ sur 24 heures. Comment l’expliquer ?
Cette diminution est certes liée à l’avènement de la lumière artificielle mais aussi à des programmes télévisés de plus en plus tardifs, voire nocturnes, et aux développements des télécommunications.
Chez les adolescents et les jeunes adultes, le développement des jeux sur Internet conduit à des comportements désynchronisés avec les horaires de la société. Ces troubles de l’hygiène de sommeil peuvent aboutir à de véritables difficultés à l’entrée dans la vie active et parfois à une absence complète de vie sociale (difficulté à être efficace au moment voulu, perte d’emploi…). Ces comportements inadaptés, parfois extrêmes, peuvent être liés également aux conditions de travail.
Les travailleurs à horaires irréguliers sont de plus en plus fréquents. La réduction chronique du temps de sommeil conduit à une somnolence diurne excessive, source, en particulier, d’accidents du travail, de la circulation routière ou domestiques. Ainsi, la vie moderne laisse-t-elle une place de plus en plus restreinte au sommeil ?
L’environnement dans lequel nous dormons, les impératifs familiaux ou professionnels et d’une manière générale, les grandes étapes de la vie influencent le sommeil. Comment notre rythme de vie influe-t-il sur notre sommeil ? Un espace propice au sommeil est-il aménagé par le dormeur luimême ? Entrer dans la vie active, puis devenir parent, a t-il un impact sur le rythme des nuits et la qualité du sommeil ? et sur les journées ? Les Français savent-ils reconnaître un enfant qui dort bien ? Ont-ils également conscience des conséquences de l’altération du sommeil sur la vigilance, notamment au volant ?
Pour faire le point et contribuer à redonner au sommeil la place qui lui revient dans la vie de chacun, l’INSV a réalisé une enquête ad hoc sur le thème « sommeil et rythme de vie », auprès d’un échantillon représentatif de la population française (1 000 personnes âgées de 18 à 55 ans), fin janvier 2009.
Vers une dette de sommeil chronique ?
La première donnée cruciale qui ressort de cette enquête est la faible durée de sommeil. Cela confirme les enquêtes des années précédentes sur ce thème. La durée moyenne de sommeil en semaine est de 6h58. Ce chiffre est comparable à celui de l’année précédente (enquête INPESBVA, 2008) qui indiquait une durée moyenne de sommeil de 7h00 pour une population d’adultes de 25-45 ans. 29% des Français dorment moins de 7 heures par jour. L’insuffisance de sommeil est donc bien installée chez les Français. D’où la nécessité de poursuivre sans relâche l’information sur le besoin de dormir. D’autant plus qu’une des conséquences, maintenant bien établie, de la dette de sommeil chronique, est la prise de poids, autre enjeu majeur de santé publique.
A l’issue de cette enquête, on observe une hausse du temps de sommeil le week-end, qui passe à 7h50 en moyenne. Elle est destinée à « compenser » la dette de sommeil chronique de la semaine. Or, le manque de sommeil ne s’annule pas en 2 jours. Au fil des années, la population française est en dette de sommeil chronique, sans amélioration. Cette carence de sommeil affecte plus particulièrement les personnes de 35 à 55 ans qui dorment moins longtemps (6h à 7h en majorité) alors que les personnes de 25 à 35 ans dorment 7 à 8 heures par 24h.
Et la sieste ?
Seules 13% des personnes affirment faire une sieste en semaine, d’une durée moyenne de 1h30. Le week-end, ce chiffre est doublé ; 26% des personnes expriment un besoin de sieste, évalué en moyenne à 1h35. Cet aspect traduit la tentative de compensation de la dette de sommeil accumulée au cours de la semaine, pour 1/3 des Français, mais aussi la possibilité de faire la sieste le week-end, rendue la plupart du temps difficile la semaine, dans le cadre de son travail. Pourtant, faire une sieste est un facteur d’amélioration de l’efficacité, à la fois psychique et physique. En revanche, les siestes pratiquées sont trop longues et montrent que les recommandations ont du mal à être suivies.
5 ans de sommeil en moins après 40 ans d’activité
Notons que les personnes qui ne dorment pas assez en ont finalement assez conscience. En effet, celles qui dorment entre 5 et 8 heures déclarent dormir moins que leurs besoins alors que les personnes dormant entre 8 et 9 heures annoncent dormir suffisamment. Parmi les 55% de personnes qui déclarent dormir insuffisamment, la durée moyenne de leur besoin de sommeil estimé s’élève à 8h24 par nuit soit en moyenne, 1h20 de sommeil souhaitée en plus.
Source et lien : http://www.institut-sommeil-vigilance.org



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