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Obésité: Bachelot opposée à la taxe grignotage
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Publié le 30/09/2008 14:51 par Angela Canberra

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Photo : Roselyne Bachelot
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            (Continentalnews)

Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative,  invoque les problèmes de pouvoir d'achat pour repousser une proposition issue du rapport parlementaire sur l'obésité rendu public aujourd'hui. Ce rapport préconise, au nom de la lutte contre l’épidémie d’obésité, un alourdissement de la fiscalité sur certains produits (trop gras, trop sucrés ou trop salés…) impliqués directement dans le développement des pathologies liées aux surpoids telles que les maladies cardiovasculaires, le diabète, l’hypertension ou différentes formes de cancers. Sans cacher son étonnement qu’un tel rapport puisse être rendu public par la presse avant même que ses commanditaires n’aient pu le consulter, Valérie BOYER accueille avec intérêt ces propositions qui pourraient parfaitement s’intégrer dans la politique volontariste mise en place par le gouvernement pour mieux lutter contre les déséquilibres alimentaires et les pathologies de l’obésité qui menacent les français et mettent en péril l’avenir de notre système santé et de solidarité.

La ministre de la santé, Roselyne Bachelot, s'est exprimé ce mardi sur Canal +. Elle est revenu sur le rapport parlementairepréconisant de de moduler la TVA sur les aliments en fonction de leur qualité nutritionnelle, l'augmentant pour les produits trop gras, trop salés ou trop sucrés, dit de "snacking" ou de "grignotage", et la baissant pour les fruits et légumes.

Mme Bachelot est opposée à l'idée d'un bonus-malus sur les aliments en fonction de leur qualité nutritionnelle. "La démarche est intéressante", mais la morosité de notre économie permettrait pas la mise en place d'un tel sispositif. Ainsi, 'taxer un certain nombre de produits reviendrait à taxer les plus faibles», a ainsi jugé la ministre, rejoignant ainsi la position des industriels. "La TVA est déjà très basse sur les fruits et légumes». «Pour l'instant je n'ai pas retenu cette solution", a-t-elle poursuivi.

La majoration fiscale de produits dont la consommation mérite d’être modérée (ex : soda, produits de grignotage trop sucrés, trop gras ou trop salés…) pourrait avoir un effet positif en dissuadant les consommateurs d’une surconsommation de ces produits et par là-même en protégeant leur santé.

En outre, Valérie BOYER estime nécessaire de repositionner toute mesure fiscale en la matière dans un ensemble d’actions et constate sur ce point, que le gouvernement est déjà au travail avec le programme national nutrition santé 2006/2010 ou le plan santé des jeunes qui consacrent une très large place à la prévention de l’obésité et plus généralement à la lutte contre les troubles nutritionnels.

Valérie BOYER a confiance dans les intentions du gouvernement d’aider les malades et de protéger tous les français vis-à-vis de ce grave problème de santé publique.

La mission parlementaire

La Mission d’information sur la prévention de l’obésité, créée par la commission des affaires culturelles, familiales et sociales de l’Assemblée nationale, le 16 avril 2008, a déjà procédé à une trentaine d’auditions.

Ses travaux visent à dresser un état des lieux de l’obésité en France (prévalence, inégalités sociale et territoriales, obésité infantile en France, coûts, conséquences sanitaires…) ; Faire le point sur la politique de lutte contre l’obésité (application des PNNS, rôle des différents acteurs…), identifier des dispositifs exemplaires ; Formuler des propositions en matière de prévention de l’obésité, d’éducation à la nutrition et à la santé, de cantines scolaires, de restauration collective, de publicité agro-alimentaire, de formation initiale et continue des enseignants et des professionnels de santé, de communication notamment concernant l’image du corps.

"Faire de la lutte contre l'épidémie d'obésité et de surpoids une grande cause nationale"

Au regard de la progression préoccupante de l’épidémie d’obésité en France et dans le reste du monde, le rapport de Valérie BOYER propose de labelliser « la lutte contre l’épidémie d’obésité : grande cause nationale », à l’instar de ce qui a été fait pour le SIDA, le cancer ou la maladie d’Alzheimer.

Rappelant que l’épidémie d’obésité est un enjeu de santé publique qui menace notre système protection sociale, le rapport analyse les actions positives enclenchées par le PNNS et formule plus de 70 propositions visant à aller encore plus loin pour inverser la tendance en améliorant la prévention, le dépistage précoce et la prise en charge de l’obésité et du surpoids. Les causes de l’épidémie dépassant largement le cadre de l’alimentation et de la nutrition, le rapport préconise d’agir vite et fort dans tous les domaines en organisant la mobilisation de tous les acteurs (santé, éducation, formation, environnement, sport, industrie agro-alimentaire, média, collectivités locales, restauration…). Le rapport souligne également l’importance de respecter les droits des personnes obèses par l’amélioration de la lutte contre les discriminations et le respect de la diversité corporelle.

Examiné le 30 septembre par la Commission des Affaires Culturelles, Familiales et Sociales de l’Assemblée nationale, le rapport sur la prévention de l’obésité de Valérie BOYER est le résultat de près de 6 mois de d’auditions par la mission représentant 140 personnalités et 75 organismes.

« Bien plus qu’un enjeu de santé publique, l’obésité est un véritable problème de société et un marqueur d’inégalité sociale.

Sa progression préoccupante menace notre système de protection sociale car l’obésité comme la surcharge pondérale sont directement impliquées dans l’apparition des maladies chroniques telles que les maladies cardiovasculaires, l’hypertension, artérielle, certains cancers, le diabète, les embolies pulmonaires ou l’apnée du sommeil...

Dans ce contexte, il apparaît urgent d’exprimer une volonté politique forte et d’agir le plus rapidement possible dans tous les domaines pour inverser la tendance.

Mon rapport propose de faire de la lutte contre l’épidémie d’obésité et de surpoids, une grande cause nationale à l’instar de ce qui a été fait, avec succès, pour le SIDA, le Cancer ou la maladie d’Alzheimer.

La lutte contre l’épidémie d’obésité va modifier notre façon de penser la santé et nous obliger à adapter l’organisation de notre système de Santé. En faire une grande cause nationale peut-être l’occasion de mettre en place pour la première fois un plan national de prévention contre un risque majeur de nombreuses pathologies.

Elle doit être également l’occasion d’améliorer la lutte contre les discriminations faites aux personnes obèses et le respect de la diversité corporelle. », a explique Valérie BOYER.

Les éléments clés du rapport

Le rapport dresse un constat alarmant de l’évolution du surpoids et de l’obésité dans notre pays. L’épidémie mondiale de surpoids et d’obésité frappe de plein fouet la France. Notre pays n’est plus préservé de cette épidémie d’un nouveau type, bien au contraire. Un adulte sur deux est en surcharge pondérale et un sur six est obèse. Un enfant sur cinq est aussi en surcharge pondérale et les personnes les moins favorisées sont les plus touchées par le surpoids et l’obésité.

De fait, l’obésité est un enjeu de santé publique croissant qui menace notre système de protection sociale. Le surpoids et l’obésité sont des facteurs de risque majeur de plusieurs maladies graves et chroniques, souvent invalidantes voire mortelles, de plus en plus répandues : maladies cardiovasculaires, respiratoires, articulaires, cancers… Selon l’Organisation mondiale de la santé, la surcharge pondérale est à l’origine de plus de 10 % des décès et des années d’invalidité. La surcharge pondérale altère la qualité de vie et provoque de nombreuses souffrances physiques et psychologiques. Les conséquences économiques et financières du surpoids et de l’obésité sont – et seront – de plus en plus difficilement supportables. Au rythme actuel de progression de l’épidémie, le coût de l’obésité qui est estimé à environ 15 milliards d’euros pourrait doubler d’ici 2015. Et encore, l’impact de l’obésité est probablement sous-évalué.

Pour faire face à ce fléau et apporter des réponses à ce problème de société, lié à la consommation excessive de produits trop gras, trop salés et trop sucrés et à la sédentarité croissante, la mission propose de faire de l’équilibre nutritionnel et de la lutte contre l’obésité une grande cause nationale. Elle présente aussi 80 propositions de nature à mobiliser l’ensemble des acteurs concernés : producteurs de produits alimentaires transformés ou non, distributeurs, consommateurs, médias, éducateurs, professionnels de santé et de la diététique… Il est ainsi proposé d’améliorer la dépistage précoce de l’obésité et la prise en charge des personnes obèses, d’améliorer la qualité nutritionnelle des aliments et de favoriser l’accès des personnes défavorisées aux produits non transformés dont les fruits et légumes, de garantir une information nutritionnelle de qualité, de promouvoir l’activité physique, de renforcer l’éducation des enfants à la nutrition ainsi que la formation des personnels éducatifs et des professionnels de santé. La mission insiste enfin sur la nécessité de respecter la diversité corporelle et les droits des personnes obèses.

 
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