Alors que l'Assemblée nationale s'est penchée ce matin sur l'obésité galopante en France, le président de l'Association nationale des industries alimentaires, Jean-René Buisson, affiche ouvertement son opposition à l'augmentation de la TVA sur certains produits trop gras, trop sucrés ou trop salés dits dits «de grignotage» ou de «snacking» comme les barres chocolatées, sodas, chips, confiseries etc.
Un rapport parlementaire sur la prévention de l'obésité prévoit le passage de 5,5% à 19,6% de la TVA sur les produits de grignotage ou de snacking. Les industriels sont opposés àde telles mesures. "Nous sommes contre la taxation car nous considérons qu'aucun produit n'est mauvais pour la santé, sinon il serait retiré du marché", a déclaré Jean-René Buisson à l'Agence France Presse.
Ce rapport parlementaire coontroversé sera présenté présenté demain à l'Assemblée nationale par la députée UMP Valérie Boyer. Le texte prévoit notamment d'"assujettir les produits de grignotage et de snacking au taux normal de TVA de 19,6% au lieu du taux réduit de 5,5% actuellement applicable".
Le surpoids et l'obésité pourraient avoir été sous-estimés en France. Une nouvelle étude réalisée sous la direction du professeur Philippe Amouyel, directeur de l'Institut Pasteur de Lille, révèle "une évolution préoccupante" chez les 35-74 ans. Dans cette tranche d'âge, 67 % des hommes et 50 % des femmes présentent une surcharge pondérale ou une obésité.
Si l'on prend en compte uniquement l'obésité, la fréquence est à peu près la même chez les hommes (20,6 %) et chez les femmes (20,8 %), selon les conclusions de l'enquête de grande ampleur Mona Lisa (Monitoring national du risque artériel) conduite de 2005 à 2007 auprès de 4.800 sujets répartis dans trois régions françaises (Haute-Garonne, Bas-Rhin et la région de Lille).
Comparés aux résultats de l'étude Obepi dévoilée en 2006 et utilisée comme une référence, ces nouveaux chiffres, qui prennent en compte le sexe et chaque classe d'âge, sont supérieurs de 30 %. "Il faut donc veiller à ne pas dévaluer l'obésité et la surcharge pondérale", préviennent les auteurs du document.
Dans le détail, l'étude montre que la prédominance de la surcharge pondérale et de l'obésité est croissante avec l'âge : la proportion des hommes en surpoids ou obèses passe de 54 % pour les 35-44 ans à 77 % pour les 65-74 ans. Celle des femmes connaît une augmentation inquiétante, puisqu'elle passe du simple au double, de 31 % à 67 % pour les mêmes classes d'âge.
Les épidémiologistes décrivent également des disparités régionales. Aussi bien chez l'homme que chez la femme, la fréquence d'un surpoids, y compris l'obésité, est en moyenne plus faible dans le sud-ouest que dans le nord de la France. En effet, le risque d'être obèse est plus grand dans la capitale des Ch'tis que dans la ville rose : 62 % des Toulousains (42 % des Toulousaines) sont en surpoids, contre 88 % des Lillois (54 % des Lilloises).
(Source externe: Le Point)



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