Une étude sur la consommation de l'alcool en France, réalisée conjointement par l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) et l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (INPES), montre que la consommation baisse d'une manière sensible. La Bretagne arrive en tête des régions où l'on consomme plus d'alcool.
Chaque Baromètre santé de l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé offre aux acteurs de notre système de santé de nombreuses données qui permettent d’objectiver les pratiques et les connaissances de nos concitoyens en matière de santé. La richesse de cet outil d’observation et d’évaluation tient à la fois à la grande variété des thèmes qui y sont abordés et à leurs interactions, resituant notamment les caractéristiques sociales et les modes de vie comme des facteurs de compréhension des comportements de santé. Son intérêt se situe également dans la précision de ses estimations puisque 30 000 personnes ont été interrogées, dont 4 000 détentrices exclusives de téléphone portable.
Les premiers résultats publiés avaient mis en évidence un certain nombre d’évolutions favorables (niveau d’information, prévalence de consommateurs quotidiens d’alcool, prévalence de fumeurs, recours au dépistage du cancer colorectal, usage du préservatif au premier rapport…), mais également plusieurs zones d’ombre (stagnation du pourcentage de consommateurs d’alcool à risque, de la proportion de gros fumeurs ou encore du nombre d’interruptions volontaires de grossesse). Rendez-vous avait alors été pris pour la publication d’analyses approfondies selon les caractéristiques sociodémographiques et économiques des personnes interrogées. C’est désormais chose faite avec l’édition de ce volume.
Dans cette photographie que nous présentons aujourd’hui, certaines idées reçues se trouvent battues en brèche — comme, par exemple , celle selon laquelle les étudiants seraient plus polyconsommateurs de substances addictives que les autres jeunes du même âge… Par ailleurs, de nombreuses disparités sont mises en évidence, qui font apparaître des populations vulnérables ou en rupture. Il en va ainsi, sans surprise, des personnes en situation d’emploi précaire ou de chômage qui présentent des prévalences de dépression caractérisée et de pensées suicidaires particulièrement élevées. De même, l’exposition au risque de grossesse non désirée ou de transmission d’une infection sexuellement transmissible apparaît plus fréquente dans les milieux sociaux les moins favorisés. Plus surprenant, vous y apprendrez par exemple que les jeunes filles déclarent une moindre qualité de vie que les garçons.
Il ressort des résultats détaillés de ce Baromètre santé 2005 une évidence : la réduction des inégalités de santé, pour complexe qu’elle puisse être, doit plus que jamais être l’objectif prioritaire des politiques de santé publique. L’exemple du dépistage organisé du cancer du sein, qui enregistre des résultats particulièrement positifs avec une forte hausse du pourcentage de mammographies effectuées par les femmes ayant les revenus les moins élevés, montre que cet objectif n’est pas hors d’atteinte.
De même, le développement d’une approche tournée davantage vers la promotion de la santé s’impose, tant il est vérifié dans cette étude que l’accès à la prévention et aux soins dépend avant tout de facteurs économiques, culturels et environnementaux.
Philippe Lamoureux
Directeur général de l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé
(Reproduit avec l'accord de l'INPES)



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