Un rapport parlementaire sur la prévention de l’obésité, a été présenté par la députée UMP des Bouches du Rhône Valérie Boyer le 30 septembre dernier. J’avais déjà eu l’occasion d’évoquer ce problème sur ce blog lors du débat sur la crise alimentaire mondiale.
Pour l’essentiel, ce rapport ne fait que reprendre des propositions déjà avancées, dont la plupart ne sont pas encore mises en oeuvre par le gouvernement.
Surtout, l’idée principale de cette mission est de taxer encore un peu plus les Français (passage de 5,5% à 19,6% de la TVA sur les produits de grignotage ou de "snacking") alors même que les études sur ce point montrent que l’augmentation de la TVA n’aura que peu d’effet sur les comportements et affaiblira encore un peu plus le pouvoir d’achat des familles les plus défavorisées. En effet, ce sont elles qui s’alimentent le plus mal : d’une part parce qu’elles ne sont pas informées, d’autre part parce qu’elles n’ont pas les moyens de consommer des produits de qualité.
Mon sentiment est donc qu’il s’agit d’une mesure simpliste qui risque d’aggraver l’injustice sans faire davantage de prévention. Celle-ci doit pourtant privilégier l’éducation plutôt que la pénalisation.
Cependant, ce rapport reprend également quelques propositions intéressantes formulées depuis de nombreuses années par les experts de santé publique, comme l’amélioration de l’équilibre nutritionnel des repas servis en restauration scolaire, la mise en place d’un enseignement pratique de l’équilibre alimentaire et la mobilisation de la médecine scolaire, l’encadrement des publicités télévisées pour les produits gras, sucrés ou salés, l’amélioration de la qualité nutritionnelle des aliments en développant les incitations pour que les industriels améliorent leurs recettes ou en développant un étiquetage nutritionnel enfin compréhensible par tous les consommateurs, et l’amélioration de disponibilité des fruits et légumes pour une plus large partie de la population et leur baisse.
Il faut sans doute aller plus loin et limiter la pression commerciale en supprimant les publicités alimentaires entre les programmes pour la jeunesse. Sur plus de 1 000 publicités ciblant les plus jeunes et analysées par l’enquête "Que Choisir", 87% promeuvent des produits alimentaires particulièrement sucrés ou gras.
Enfin, force est de constater que la détermination des pouvoirs publics à mettre en oeuvre ces quelques bonnes intentions n’est pas d’actualité. En effet, rien n’est prévu dans la loi Patient Santé Territoire sur le sujet. Pourtant, 17% de la population française est en surpoids, 4 millions de Français sont obèses (330 000 de plus chaque année) et un enfant sur 5 souffre de surpoids. Cette obésité représente un facteur de risque majeur pour des maladies cardio-vasculaires et le diabète. Au moins 80% des patients qui souffrent d’obésité sont exposés au diabète de type 2 et de maladies cardiovasculaires (maladies du cœur, maladies des vaisseaux sanguins, AVC).
Jean-Louis Bianco



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