Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative, redoute une épidémie du chikungunya en France métrpolitaine. Elle s’est rendue vendredi dans les Alpes-Maritimes, pour présenter le nouveau dispositif d’information et de lutte contre la dissémination de la dengue et du chikungunya en métropole et soutenir les acteurs locaux impliqués dans ce dispositif.
Roselyne Bachelot prend au sérieux la menace d'une épidémie de chikungunya. Elle est revenue vendredi sur l’introduction de l’Aedes albopictus, encore appelé moustique tigre, sous surveillance depuis 1998 et qui a d’abord colonisé les Alpes maritimes en 2004, la Haute-Corse en 2006, et la Corse du sud et le Var en 2007. De manière générale, les régions PACA, Corse, et Languedoc-Rousillon sont les zones géographiques qui présentent un fort
L'épidémie
L’agent infectieux est un arbovirus (virus transmis par un insecte) qui a été isolé pour la première fois en Tanzanie et Ouganda (1953).
Le mot Chikungunya signifie quant à lui le mal qui casse les os (marcher courbé en Souahéli).
La maladie chez l’Homme se caractérise par :
- Une apparition des symptômes de 4 à 7 jours.
- Une fièvre soudaine (> 38,5°) qui dure de 2 à 5 jours accompagnée de maux de tête.
- Des douleurs aux extrémités des membres.
- D’autres symptômes peuvent apparaître : conjonctivite, éruption cutanée, nausée.
- Des douleurs persistantes aux articulations pendant plusieurs mois.
- L’existence de formes plus graves à l’exemple d’une encéphalite.
- Un risque de transmission de la mère à l’enfant au 9ème mois de grossesse.
Enfin, celui qui est atteint de la maladie développe une « immunité acquise à vie ».
La transmission du virus se fait généralement par la piqûre d’un moustique, aussi la transmission peut se faire de manière isolée par transfusion sanguine.
Il n’ya pas de transmission d’homme à homme et aucune transmission par l’air.
La période « contaminante » (virus dans le sang) dure 5 jours. Lors d’une piqûre, le moustique prélève le virus sur une personne infectée. A l’occasion d’une autre piqûre, il le transmet à une personne saine.
Il n’y a pas de traitement efficace contre le virus. Aucun vaccin n’a été finalisé, chaque symptôme est traité et la convalescence se révèle parfois longue
- Le contrôle de la maladie réside dans la lutte contre le vecteur et l’aménagement de son environnement.
Le moustique

Il y a 12 espèces de moustiques qui cohabitent à la Réunion et qui appartiennent à 4 genres différents.
Les micro-climats de l’île, l’impact des activités humaines sur l’environnement, la démographie et l’urbanisme permettent à chacune de ces espèces de se maintenir sur l’île suivant son écologie.
Certains de ces moustiques ont été mis en cause lors des dernières épidémies de Dengue (2004) et de Chikungunya (2005) et d’autres sont activement surveillés.
Cycle de vie du moustique responsable de la maladie.
Tous les moustiques ont le même cycle de vie avec une phase aquatique où se développent les stades immatures comprenant les œufs, les 4 stades larvaires et la nymphe et une phase aérienne pour les moustiques adultes dont seules les femelles se nourrissent de sang (hématophages).
Les gîtes (stade larvaire).
Un lieu de ponte potentiel pour le moustique s’appelle un gîte. Les exigences des différentes espèces sont diverses en termes de qualité d’eau, de taille et profondeur, de lumière, de support et d’environnement.
Il existe différents types de gîtes :
Les gîtes domestiques : récipients de stockage d’eau de pluie, soucoupes sous les pots de fleurs, vases à boutures…
Les gîtes péri-domestiques (autour de la maison) : vieux pneus, récipients exposés à la pluie, gouttières mal conçues ou mal entretenues, piscines vidées, toits de garage, déchets, …
Les gîtes naturels : ravines, trous de rochers, trous d’arbres, marécages, ornières…
Le stade adulte
Tous les moustiques se nourrissent de fruits et de nectar.
Seules les femelles se nourrissent de sang (hématophages) et leur activité varie suivant les espèces entre une activité de jour pour le genre Aedes (pic d’agressivité matinal et au coucher du soleil) et une activité nocturne pour le genre Anopheles. Le repas de sang n’est utile que pour la maturation des œufs.
Bien que leur agressivité envers l’homme soit reconnue, ils peuvent se suffire de piqûre sur d’autres animaux domestiques ou sauvages.
Leur spécificité de gîtes les oriente vers des milieux différents suivant les espèces influençant ainsi leur distribution sur l’île que la variété des climats accentue.
Aedes albopictus est omniprésent sur l’île jusqu’à 1000 mètres d’altitude avec de fortes concentrations locales en milieu urbain. L’aire de distribution d’Aedes aegypti se réduit à certaines ravines localisées en milieu naturel.
L’Anopheles gambiae arabiensis, de par sa préférence pour des gîtes naturels peu profonds se rencontre sur tout le bassin cannier de la côte Est, la plus humide, et dans le lit de certaines ravines permanentes de la côte Ouest, côte la plus sèche (carte 2). Le développement de l’irrigation sur le bassin cannier de la côte Ouest pourrait favoriser son expansion.
La multiplicité des espèces de moustiques potentiellement vecteurs associée à la diversité des milieux et des climats positionne la Réunion dans une situation épidémiologique instable que les nombreux échanges avec les pays de la zone renforce. Les dernières épidémies d’arbovirose de 2004 et 2005 en sont des exemples
Histoire
Le chikungunya n’est pas une maladie nouvelle. Son nom a été utilisé pour la première fois en 1953 lors d’une épidémie en Tanzanie. Le virus chikungunya a été isolé pour la première fois en 1952-1953 lors d’une épidémie de fièvre qui sévissait sur le plateau du Makonde dans la province de Newala au Tanganyika (actuelle Tanzanie).
La maladie est responsable d’affections sévissant sous forme endémique en zones rurales d’Afrique sub-tropicale, et sous forme épidémique dans des populations non immunes, en particulier urbaines (Afrique, Inde, Vietnam). Elle a également été signalée en Asie du sud. L’affection se propageant si rapidement, au sein et à la périphérie des villages durant la saison des pluies de juillet jusqu’en février, fut nommée par les villageois chikungunya, terme d’une langue bantoue différente du kiswahili.
Depuis 1952, plusieurs épidémies de fièvre chikungunya, confirmées biologiquement, ont été décrites en Afrique sub-saharienne, dans le sous-continent Indien, en Asie du sud-est et dans de nombreuses îles du Pacifique. Aucun cas de fièvre chikungunya n’a jamais été rapporté dans l’hémisphère occidental.
Des épidémies de chikungunya antérieures à 1952 ont pu être identifiées rétrospectivement à la lumière des connaissances actuelles de la maladie. Ainsi, Carey a avancé que certaines épidémies attribuées au virus de la dengue, étaient en fait des épidémies de chikungunya : le Caire et Batavia-Jakarta en 1779, Zanzibar en 1823 et 1870, l’Inde en 1823, 1824-1825 et 1871-1872, Hong Kong, la Birmanie (actuel Myanmar) et Madras en 1901-1902.
Deux souches de chikungunya existent donc dans le monde.
L’une asiatique, qui frappe régulièrement Java, par exemple.
L’autre africaine, connue depuis 2004 à La Réunion. D’ailleurs dernièrement les scientifiques du Centre National de Références ont identifié dès le mois de mai 2005 le virus à La Réunion. Le premier cas y a été enregistré le 22 février. Fin novembre, 4500 personnes étaient contaminées. Au 24 février 2006, le virus du Chikungunya infectait plus de 150 000 personnes, soit 20% de la population de l’île, avec près de 120 000 nouveaux cas rien que pour le début de l’année 2006. L’île de La Réunion n’est d’ailleurs pas le seul pays touché. Le chikungunya a fait son apparition aux Comores en juillet 2004. Le nord de Madagascar, Maurice, et Mayotte, avec plus de 5000 cas recensés, ne sont pas épargnés, même si l’on en parle finalement assez peu.
Le moustique est le vecteur de transmission locale du chikungunya.
Quelques cas de contaminations sanguines existent toutefois dans la littérature médicale.
Ils sont extrêmement rares et concernent du personnel soignant qui s’est involontairement inoculé le virus.
Contact presse : Service de presse du ministère de la Santé, de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative
01 40 56 40 14
(© Chikungunya.gouv.fr)



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