La 17e Conférence internationale sur le sida s’est achevée dans la capitale mexicaine, après cinq jours de débats animés impliquant quelque 22 000 participants engagés dans la lutte contre sida.
Des dirigeants, décideurs, universitaires, scientifiques et militants venus du monde entier ont afflué à Mexico du 3 au 8 août 2008 pour évaluer les progrès réalisés dans la riposte au sida et déterminer les priorités futures pour l’intensification des efforts mondiaux afin de mettre un terme à l’épidémie de VIH.
Les lauréats du Prix Ruban Rouge honorés
Les représentants des 25 communautés lauréates du Prix Ruban Rouge 2008 étaient les hôtes d’honneur d’une cérémonie et d’un dîner officiels de remise du prix, qui ont eu lieu hier soir à Mexico et auxquels participaient des représentants de gouvernements et des leaders de la lutte contre le sida dans le monde. Le Directeur exécutif de l’ONUSIDA, le Dr Peter Piot, s’est exprimé lors de la Cérémonie de remise du Prix au cours de laquelle des organisations ont été choisies par un jury pour recevoir une mention particulière dans les catégories suivantes:
- Fourniture de l’accès au traitement, à l’appui et aux soins
- Soutien des enfants ayant perdu leurs parents à cause du sida
- Promotion des droits de l’homme
- Autonomisation des femmes et des filles
- Fourniture de programmes et services de prévention du VIH
Les communautés choisies pour une mention particulière sont :
- Le Centre pour l’éducation populaire et les droits de l’homme, Ghana
- Sanghamitra, un collectif de femmes, Inde
- Hamyaran Mosbat – The Mashhad Positive Club, Iran
- Consol Homes, Malawi
- Fortalecidendo la Diversidad, Mexique
Chacune des 25 organisations lauréates a reçu 5000 dollars et les communautés spécialement choisies 15 000 dollars de plus.
« Tous les participants au Ruban Rouge lors de cette conférence sont des lauréats, » a déclaré As Sy, Directeur des Partenariats et des Relations extérieures, Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA).
« Nous espérons que les connaissances et les ressources obtenues lors de Sida 2008 contribueront à vous donner envie, dans vos propres communautés, d’amener votre travail au niveau supérieur. Je sais que vous nous avons tous beaucoup appris sur vous et sur vos expériences. Ces connaissances sont l’essence même du Prix Ruban Rouge. »
SIDA 2008: Espace de dialogue communautaire
Les 25 organisations lauréates du Prix Ruban Rouge 2008 participent en outre à la XVIIème Conférence internationale sur le sida, qui se tient à Mexico du 3 au 8 août 2008, où elles animent le Tequio communautaire au cœur du Village mondial. ‘Tequio’ est un mot aztèque signifiant travail collectif au bénéfice de la communauté et son but est d’instaurer un environnement favorable à la participation des communautés à la riposte au sida.
Le Tequio communautaire est un espace permettant aux participants à la conférence, venus du monde entier, de communiquer et de partager leurs expériences en vue de renforcer un réseau international de meilleures pratiques communautaires autour du VIH. Des discussions ouvertes et actives ont lieu décrivant les succès remportés, les problèmes rencontrés et les occasions d’améliorer les ripostes à l’épidémie.
Prix Ruban Rouge
Le Prix Ruban Rouge est décerné tous les deux ans lors de la Conférence internationale sur le sida afin de récompenser et d’honorer un leadership et une action communautaires exceptionnels qui contribuent à stopper la propagation du VIH et atténuer l’impact du sida. Cette année, plus de 550 nominations ont été reçues de 140 pays du monde entier.
Le Prix Ruban Rouge est une initiative de la famille de l’ONUSIDA soutenue par le PNUD, qui fait office de secrétariat du Prix.
Session spéciale sur l’architecture financière mondiale pour le sida
La dynamique variable de l’architecture financière mondiale pour le sida a été étudiée en profondeur lors d’une Session spéciale qui a eu lieu le 5 août durant la Conférence internationale sur le sida qui se tient au Mexique.
Cette session interactive a rassemblé des dirigeants venant des principaux pays donateurs et bénéficiaires dans le domaine du sida, notamment le Royaume-Uni, l’Ethiopie, le Botswana et les Pays-Bas, ainsi que l’ONUSIDA, l’OMS, le Fonds mondial, la Banque mondiale, le PEPFAR et des militants de la société civile, pour réfléchir sur les défis posés par l’architecture financière mondiale actuelle s’agissant d’offrir des programmes de lutte contre le sida qui soient efficaces et efficients.
Les invités ont passé en revue la dynamique complexe à laquelle sont confrontés les responsables de la mise en œuvre, les gouvernements donateurs et autres mécanismes financiers, et les organismes mondiaux. Au cours des cinq dernières années, les ressources financières consacrées à la riposte au sida ont considérablement augmenté et on a constaté une intensification rapide des programmes dans le contexte des engagements en faveur de la réalisation de l’accès universel aux services de prévention, de traitement, de soins et d’appui en matière de VIH d’ici à 2010. L’objectif est de veiller à ce que les programmes VIH soient fondés sur des données probantes et conformes aux normes internationales, et le défi consiste à « faire travailler l’argent disponible ».
Michel Sidibe, sous-Secrétaire général et Directeur exécutif adjoint des programmes à l’ONUSIDA, a évoqué les difficultés à veiller à ce que les normes mondiales soient respectées au fur à mesure que les services sont élargis.
Tout en plaidant en faveur de l’établissement d’un financement suffisant et soutenu sur le long terme pour les programmes de lutte contre le VIH, M. Sidibe a souligné l’importance de renforcer les systèmes de santé et d’améliorer la coordination et l’harmonisation. M. Sidibe a joué un rôle clé dans la mise en œuvre des « Trois Principes » pour une meilleure coordination des ripostes nationales au sida.
La session a été coprésidée par le Professeur Jean-Paul Moatti, économiste de la santé, et l’Ambassadeur néerlandais pour le sida, Paul Bekkers.
Participants:
Malcolm McNeil, Chef d’Equipe au sein de la Division de la politique et de la recherche du Département du Royaume-Uni pour le développement international.
Michel Sidibe, sous-Secrétaire général et Directeur exécutif adjoint des programmes à l’ONUSIDA.
M. l’Ambassadeur Mark R. Dybul, Coordonnateur étatsunien de la lutte mondiale contre le sida.
Joy Phumaphi, Vice-Présidente pour le développement humain à la Banque mondiale.
Alvaro Bermejo, Directeur exécutif, Alliance internationale contre le VIH/sida.
Tedros Adhanom Ghebreyesus, Ministre de la Santé de la République démocratique fédérale d’Ethiopie.
Professeur Michel D. Kazatchkine, Directeur exécutif du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.
Mphu Keneiloe Ramatlapeng, Ministre de la Santé et du Bien-être social du Lesotho.
Hiroki Nakatani, Sous-Directeur général – VIH/sida, tuberculose, paludisme et maladies tropicales négligées, Organisation mondiale de la Santé.
Les chiffres relatifs au traitement en hausse de 46.5%
Quelque 3 millions de personnes ont maintenant accès à la thérapie antirétrovirale révèle un rapport rendu public aujourd’hui par l’OMS, l’ONUSIDA et l’UNICEF. Le rapport Vers un accès universel: étendre les interventions prioritaires liées au VIH/sida dans le secteur de la santé a été lancé à Genève par le Dr Margaret Chan, Directeur général de l’OMS. Il note qu’un million de personnes ont entamé leur traitement rien que l’an dernier, ce qui représente une augmentation de quelque 46.5% par rapport à l’année précédente.
« Trois millions de personnes sous traitement, cela constitue une étape importante et une réalisation remarquable, » a déclaré Elhadj As Sy, Directeur des Partenariats et des Relations extérieures à l’ONUSIDA. « Cela prouve que l’élargissement du traitement est en cours et qu’il faut maintenant rester sur cette lancée. »
Le rapport souligne aussi que 2007 a connu une amélioration de l’accès aux médicaments permettant de prévenir la transmission du VIH de la mère à l’enfant, une expansion du dépistage et du conseil ainsi qu’un engagement accru en faveur de la circoncision masculine dans certaines des régions les plus lourdement touchées de l’Afrique subsaharienne.
Le développement rapide de la thérapie antirétrovirale peut être attribué à plusieurs facteurs, dont un meilleur accès aux médicaments grâce dans une large mesure aux réductions de prix; et une augmentation de la demande à mesure que croît le nombre de personnes testées et diagnostiquées.
Toutefois, le rapport rappelle aussi que malgré l’élargissement rapide, on compte encore quelque 6,7 millions de personnes en attente d’un traitement qui n’ont toujours pas accès à ces médicaments indispensables.
« Il est important de noter que malgré ces progrès, il s’est produit 2,5 millions de nouvelles infections l’an dernier, » rappelle Peter Ghys, Chef de la Division ONUSIDA de l’Epidémiologie et de l’Analyse. « Si les nouvelles infections continuent à survenir à ce rythme, il sera impossible de maintenir les avancées dans l’élargissement des traitements que nous connaissons aujourd’hui. »
D’autres difficultés relevées par le rapport soulignent les obstacles qui ralentissent la réalisation de l’accès universel et des Objectifs du Millénaire pour le développement, parmi lesquels, la faiblesse des systèmes de santé ; les pénuries de personnels de santé ; le manque de financement prévisible et durable et la faiblesse des systèmes d’information.
Le rapport souligne enfin la nécessité urgente d’un renouvellement de l’engagement politique, d’une amélioration de la coordination et de recherches supplémentaires pour résoudre certains des problèmes relevés, si l’on veut atteindre les buts fixés.
Prévention du VIH
L’augmentation régulière de la prévalence du VIH dans le monde ne résulte pas de faiblesses que pourraient présenter les stratégies et outils de prévention mais plutôt de leur non utilisation. On compte maintenant chaque année plus de nouvelles infections à VIH que de décès dus au sida. Cette tendance d’accroissement des infections constitue une menace considérable pour la riposte mondiale au sida.
Une programmation efficace de la prévention prend en compte les relations primordiales entre l’épidémiologie de l’infection à VIH, les comportements à risque qui véhiculent le VIH et les facteurs culturels, institutionnels et structurels qui sous-tendent ces comportements à risque. Ceux-ci sont le produit d’ensembles complexes de déterminants économiques, législatifs, politiques, culturels et psychosociaux qu’il convient d’analyser et auxquels doivent répondre des orientations politiques effectivement mises en œuvre et régulièrement révisées à la hausse.
Une prévention effective s’appuiera sur des mesures qui agiront directement sur la réduction des risques en fournissant aux populations qui en ont le plus besoin aussi bien information et techniques que les éléments matériels nécessaires (tels que préservatifs, équipement d’injection stérile et médicaments de substitution). La programmation de la prévention vise également les facteurs sociaux collectifs et institutionnels tels que les normes en matière de sexe, l’inégalité entre les genres et la stigmatisation liée au VIH qui, si rien n’est fait, continueront d’alimenter l’épidémie. Les planificateurs devront mettre au point une large gamme de services et de mesures mais aussi les concevoir de façon qu’elles touchent les personnes et les lieux là où elles peuvent faire la différence quant au contrôle de l’épidémie de VIH.
En bref, les planificateurs et les décideurs politiques nationaux doivent : 1) connaître leur épidémie et 2) fixer leurs priorités en conséquence.
Prévention et traitement doivent être mis à niveau concurremment de façon équilibrée pour tirer le meilleur profit des synergies de l’une et de l’autre. Une prévention intégrée sur tous les fronts exige la combinaison de programmes d’interventions et d’actions politiques qui promeuvent des comportements plus sûrs, réduisent la vulnérabilité biologique et sociale à l’infection, encouragent le recours aux techniques-clés de prévention et conduisent à des normes sociales qui contribuent à la réduction des risques.
La prévention du VIH est liée à toute une gamme de programmes qui sont traités dans d’autres parties de la section politique du site. Forger des liens entre des programmes et des services tels que les services de santé génésique, les programmes de prévention du VIH, les services législatifs pour les femmes contribue aussi à intensifier la prévention du VIH. Des liens solides ainsi que des efforts particuliers pour atteindre ceux qui courent les plus grands risques et n’ont pas accès aux services conduiront à impact des programmes plus pertinents, moins onéreux et de plus fort impact.
Actions politiques décisives pour la prévention du VIH
1. Veiller à la promotion, la protection et le respect des droits de la personne et veiller à ce que des mesures soient prises pour éliminer la discrimination et combattre la stigmatisation.
2. Instaurer et soutenir le leadership dans tous les éléments de la société, y compris les gouvernements, les communautés affectées, les organisations non gouvernementales, les organisations à base confessionnelle, le secteur éducatif, les médias, le secteur privé et les syndicats.
3. Impliquer les personnes vivant avec le VIH dans la conception, la mise en œuvre et l’évaluation des stratégies de prévention, en prenant en compte la diversité des besoins.
4. Tenir compte des normes culturelles et des croyances, en reconnaissant aussi bien le rôle-clé qu’elles peuvent jouer dans le soutien aux efforts de prévention et le risque de les voir favoriser la transmission.
5. Œuvrer pour l’égalité entre hommes et femmes et débattre des normes et des relations entre hommes et femmes pour réduire la vulnérabilité des femmes et des jeunes en impliquant dans cet effort les hommes et les garçons.
6. Diffuser largement les connaissances et la prise de conscience vis-à-vis des modes de transmission du VIH et des moyens d’éviter l’infection.
7. Mettre en lumière les liens entre prévention du VIH et santé génésique.
8. Soutenir la mobilisation communautaire dans la riposte à l’épidémie en assurant la continuité entre prévention, traitement et prise en charge.
9. Promouvoir des programmes qui répondent aux besoins de prévention des populations et des groupes principalement affectés.
10. Mobiliser et renforcer la capacité financière, humaine et institutionnelle de tous les secteurs, en particulier dans les domaines de la santé et de l’éducation.
11. Examiner et modifier les cadres légaux pour ôter les barrières qui s’opposent à une prévention efficace fondée sur l’examen des faits, combattre la stigmatisation et la discrimination et protéger les droits des personnes vivant avec le VIH, qui y sont vulnérables ou qui sont exposées aux risques d’infection.
12. Veiller à ce que les investissements soient suffisants dans les domaines de la recherche et de son développement, ainsi que dans ceux de la sensibilisation et des nouvelles technologies de prévention.
Source: ONUSIDA




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