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Un Francilien sur quatre gêné par le bruit à son domicile
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Publié le 23/03/2009 18:01 par La Rédaction

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Un Francilien sur quatre est souvent gêné par le bruit à son domicile. 26 % des Franciliens déclarent être souvent ou en permanence gênés par le bruit à leur domicile. 46 % le sont rarement et 28 % ne le sont jamais. Le bruit provenant de l’extérieur peut gêner pour ouvrir les fenêtres : 39 % des Franciliens déclarent être gênés pour ouvrir les fenêtres de certaines pièces le jour et 29 % la nuit. Le bruit est une source de gêne très présente en Ile-de-France, altérant la qualité de vie de la grande majorité des Franciliens. Dans ce sens, un Francilien sur quatre est particulièrement gêné par le bruit, puisqu’il se déclare souvent ou en permanence gêné à son domicile.

Significativement plus importante en Ile-de-France qu’en province, cette gêne est très liée au degré d’urbanisation. Parmi les différentes sources de bruit, la circulation routière est de loin la première source de gêne.

L’Ile-de-France se caractérise également par une gêne importante liée aux bruits du voisinage et du trafic aérien. En outre, le bruit renforce les inégalités sociales, puisque ce sont les personnes aux revenus les plus faibles qui sont les plus concernées. Par ailleurs, la préoccupation des Franciliens concernant les risques sanitaires liés au bruit est forte, mais s’avère de second plan par rapport à d’autres nuisances environnementales, telles que la pollution de l’air. En effet, le bruit est avant tout perçu comme une question de qualité de vie. Pourtant, le bruit est susceptible d’avoir de multiples effets sur la santé (pertes auditives, troubles du sommeil, anxiété…). Dans ce sens, un Francilien sur quatre déclare avoir déjà ressenti des effets du bruit sur sa santé et ces effets sont probablement sous-estimés. En outre, les Franciliens prennent peu de précautions lors d’expositions au bruit et font peu contrôler leur audition, ces contrôles étant pour la plupart réalisés dans le cadre d’un suivi professionnel. Le bruit constitue ainsi un enjeu de santé publique en Ile-de-France. Cet enjeu est d’autant plus important chez les jeunes Franciliens qu’ils s’exposent davantage à des volumes sonores élevés lors de leurs loisirs, notamment par rapport aux jeunes provinciaux. Ils utilisent des baladeurs plus souvent, à une puissance plus forte et fréquentent davantage les concerts et discothèques.

Les risques de pertes auditives lors de ces expositions volontaires sont particulièrement importants. Or, les jeunes sont peu conscients des risques qu’ils encourent pour leur santé. Ainsi, une prise de conscience s’impose.

La gêne due au bruit ressentie au domicile

Un Francilien sur quatre est souvent gêné par le bruit à son domicile. 26 % des Franciliens déclarent être souvent ou en permanence gênés par le bruit à leur domicile. 46 % le sont rarement et 28 % ne le sont jamais. Le bruit provenant de l’extérieur peut gêner pour ouvrir les fenêtres : 39 % des Franciliens déclarent être gênés pour ouvrir les fenêtres de certaines pièces le jour et 29 % la nuit.

La gêne liée au bruit ressentie au domicile est significativement plus importante pour les Franciliens que pour les provinciaux.

Les Franciliens sont davantage gênés par le bruit que les provinciaux

En effet, seulement 13 % des personnes habitant hors Ile-de-France sont souvent ou en permanence gênées par le bruit à leur domicile (p<0,001), et près de 48 % ne sont jamais gênées. Il existe également une différence significative au sein même de l’Ile-de-France, entre la gêne ressentie par les habitants de Paris, de la proche couronne et de la grande couronne : 39 % des Parisiens sont souvent ou en permanence gênés par le bruit, 25 % des habitants de proche couronne et 22 % des habitants de grande couronne (p<0,001).

Les habitants de province urbaine sont également davantage gênés que ceux de province rurale (respectivement 17 % et 10 % se déclarent souvent ou en permanence gênés par le bruit à leur domicile), mais moins que ceux de grande couronne.

En Ile-de-France, la gêne liée au bruit ne diffère ni selon le sexe, ni selon l’âge

En Ile-de-France, aucune différence significative n’est observée entre la gêne ressentie par les hommes et par les femmes : 27 % des hommes se déclarent souvent ou en permanence gênés par le bruit à leur domicile, contre 26 % des femmes. La gêne liée au bruit ne dépend pas non plus de l’âge. La proportion de Franciliens gênés par le bruit à leur domicile reste relativement stable selon les différentes classes d’âge, allant de 22 % chez les 65-75 ans à 28 % chez les 26- 34 ans.

En province, on observe des tendances similaires.

Toutefois, des liens significatifs peuvent être observés : la proportion de femmes se déclarant gênées par le bruit à leur domicile est significativement plus élevée que celle des hommes (14 % des femmes se déclarent souvent ou en permanence gênées, 11 % des hommes, p<0,05). De plus, l’association entre la gêne liée au bruit et l’âge est significative en province, les classes d’âge les plus gênées étant les plus jeunes et les plus âgés (15 % des 18-25 ans sont souvent ou en permanence gênés, 16 % des 26-34 ans, 11 % des 35-44 ans et des 45-54 ans, 10 % des 55-64 ans et 14 % des 65- 75 ans, p<0,01).

Les personnes ayant les revenus les plus faibles sont davantage gênées par le bruit à leur domicile

En Ile-de-France comme en province, plus les revenus du foyer sont faibles, plus les personnes se déclarent gênées par le bruit à leur domicile. Ainsi, 32 % des Franciliens dont les revenus mensuels du foyer sont inférieurs à 900 euros par unité de consommation se déclarent souvent ou en permanence gênés par le bruit, contre 28 % de ceux dont les revenus sont compris entre 900 et 1 500 euros par unité de consommation et 23 % de ceux dont les revenus sont supérieurs à 1 500 euros par unité de consommation (p<0,05). On observe également ce lien entre gêne ressentie et revenus en province. En revanche, le niveau de diplôme n’est pas lié à la gêne ressentie en Ile-de-France comme en province. La CSP, quant à elle, n’est pas significativement liée à la gêne ressentie en Ile-de-France, contrairement au reste de la France où les ouvriers, les employés et les personnes sans activité professionnelle sont significativement plus gênés que les autres CSP (p<0,05).

La gêne ressentie est fortement liée à de « mauvaises conditions » de logement

Un lien très fort entre la gêne ressentie et les « mauvaises conditions » de logement est observé en Ile-de-France comme en province. En effet, les Franciliens habitant dans un immeuble collectif sont nettement plus gênés par le bruit que ceux habitant dans une maison individuelle : respectivement 31 % et 18 % des Franciliens vivant dans un immeuble et dans une maison se déclarent souvent ou en permanence gênés par le bruit à leur domicile (p<0,001)

De plus, on peut noter l’importance de la gêne ressentie par les Franciliens habitant dans des logements du type « autre ». Ceci n’est pas retrouvé en province, ce qui suggère une nature différente de ces autres types de logements. En effet, en Ile-de-France, les personnes habitant dans des logements du type « autre » habitent en grande majorité dans des conditions plus précaires qu’en province : 73 % des Franciliens habitant dans ce type de logement habitent dans des immeubles collectifs à usage autre que d’habitation (usine, bureau, magasin, école, hôpital,…), alors qu’en province, il s’agit en majorité (80 %) de fermes ou de bâtiments agricoles.

Les personnes plutôt insatisfaites de leur quartier et de leur logement sont davantage gênées par le bruit à leur domicile : 53 % des Franciliens plutôt insatisfaits de leur logement se déclarent souvent ou en permanence gênés par le bruit à leur domicile, contre 24 % des Franciliens plutôt satisfaits de leur logement (p<0,001). Les Franciliens les plus gênés par le bruit à leur domicile sont également ceux habitant dans un petit logement : 35 % des Franciliens habitant dans un logement dont la superficie est inférieure à 50 m² sont souvent ou en permanence gênés par le bruit, alors que seulement 19 % des Franciliens habitant dans un logement dont la superficie est supérieure à 100 m² le sont (p<0,001). On observe les mêmes associations en province.

La présence de nuisances à proximité du logement est également associée à la gêne ressentie, notamment la présence d’une autoroute ou d’une voie à grande circulation. En effet, en province, la présence d’une autoroute ou d’une voie à grande circulation, mais aussi d’une gare routière, d’une voie ferroviaire, d’une station-service ou d’un garage, d’un site industriel ou d’un chantier de construction est significativement liée à la gêne ressentie liée au bruit (p<0,001).

En Ile-de-France, 31 % des Franciliens habitant à proximité d’une autoroute ou d’une voie à grande circulation se déclarent souvent ou en permanence gênées par le bruit à leur domicile, contre 23 % des Franciliens n’habitant pas à proximité d’une telle nuisance (p<0,01). De plus, bien que les liens ne soient pas significatifs, on observe les mêmes tendances en Ile-de- France et en province concernant la présence d’une voie ferroviaire, d’une station-service ou d’un garage, d’un site industriel ou encore d’un chantier de construction à proximité du logement. Les résultats diffèrent seulement pour la présence d’une gare routière, ce qui pourrait suggérer une moindre présence de gares routières en Ile-de-France. Par ailleurs, ces tendances non significatives observées en Ile-de-France pourraient être expliquées par le fait que les Franciliens sont souvent exposés à de nombreuses nuisances et qu’en Ile-de-France, le bruit de fond est particulièrement élevé. Il est donc difficile de distinguer le bruit de proximité du bruit de fond et d’isoler la gêne liée à chaque nuisance, d’où une moindre puissance des tests statistiques en Ile-de-France.

Les personnes vivant seules, sans enfant se déclarent davantage gênées par le bruit que les personnes non isolées

En province, les personnes vivant seules se déclarent davantage gênées par le bruit à leur domicile que les personnes ne vivant pas seules (p<0,001). De même, les personnes ayant au moins un enfant de moins de 18 ans dans le foyer se déclarent moins gênées que les personnes sans enfant (p<0,05). Bien que ces liens ne soient pas significatifs en Ile-de-France, on observe les mêmes tendances. Il semblerait que les personnes isolées soient plus sensibles au bruit que les personnes non isolées. Il est possible qu’elles soient notamment plus sensibles au bruit provenant de leur voisinage. Les personnes gênées par le bruit perçoivent davantage leur état de santé comme plutôt mauvais.

Le gêne liée au bruit est également associée à un état de santé perçu comme plutôt mauvais : 36 % des Franciliens se percevant en plutôt mauvaise santé sont gênés par le bruit à leur domicile, contre 26 % de ceux se percevant en plutôt bonne santé et 22 % de ceux se percevant en excellente santé (p<0,05). Site : www.ors-idf.org

 
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