Des chercheurs de l'Inserm ont découvert une molécule capable de perturber la prolifération des parasites humains, une découverte qui pourrait s'avérer capitale dans la lutte contre le Toxoplasma gondii qui cause la toxoplasmose et le plasmodium responsable du Paludisme humain, la maladie parasitaire la plus importante au monde.
Le paludisme tue un enfant toutes les 30 secondes en Afrique et entre 1 et 3 millions de personnes par an, selon les estimations de l’OMS. Deux milliards d’individus, soit 40% de la population mondiale, sont exposés et on estime à 500 millions le nombre de cas cliniques survenant chaque année. Les moyens de lutte existants sont les médicaments antipaludiques (dont les plus connus sont la chloroquine ou la quinine) et la lutte contre les moustiques vecteurs du parasite Plasmodium. Mais la situation est d’autant plus préoccupante que depuis plusieurs années, les parasites développent de plus en plus de résistances aux médicaments, et que les moustiques développent des résistances aux insecticides. Aucun vaccin n’est aujourd’hui disponible.
Une équipe de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) à Grenoble a montré qu'une molécule FR235222 serait capable de stopper l’activité d’une enzyme produite par des parasites responsables de la toxoplasmose et du paludisme. Les résultats de leurs travaux sont publiés ce mercredi dans The Journal of Experimental medicine.
Les chercheurs de l'Inserm expliquent que la molécule FR235222 influe sur l'expression d'environ 5% des gènes parasitaires, soit 369 sur un total estimé à 7817. Cette molécule peut perturber, voire stopper la prolifération du parasite.
Dans leurs conclusions, les auteurs de ces travaux estiment que cette molécule est "un candidat sérieux" pour le développement d'un médicament efficace contre le paludisme ou la toxoplasmose.
Le paludisme touche une centaine de pays dans le monde, particulièrement les zones tropicales défavorisées d’Afrique, d’Asie et d’Amérique Latine (voir carte). L’Afrique est, de loin, le continent le plus touché avec 90% des cas de paludisme recensés dans ses zones tropicales. Des épidémies peuvent survenir lors de mouvements de populations peu exposées au paludisme vers des zones hautement endémiques. L’Europe connaît des cas de paludisme dits d’importation. En France, en 1999, plus de 7000 cas ont été rapportés dont une vingtaine de décès : 95 % ont été contractés lors d’un voyage en Afrique subsaharienne. La majorité de ces cas survient chez des personnes n’ayant pas suivi de prophylaxie.



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