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Une étude Afssa décrypte l'assiette des Français
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Publié le 10/07/2009 14:56 par La Rédaction

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Photo : Afssa
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Les données individuelles et précises de consommation alimentaire des Français permettent à l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) de mieux évaluer les risques et bénéfices nutritionnels et sanitaires liés à l’alimentation. C’est pourquoi, l’unité Observatoire des consommations alimentaires-Épidémiologie nutritionnelle (OCA-EN) de l’Afssa a mené entre fin 2005 et avril 2007 la deuxième étude Individuelle Nationale des Consommations Alimentaires (INCA 2) qui fait suite à la première étude INCA menée en 1998-1999 et à l’enquête ASPCC menée en 1994. Les données de l’étude INCA 1 ont été utilisées pour de nombreux travaux et avis depuis la création de l’Afssa ainsi que pour des travaux de recherche, dans des domaines aussi divers que la nutrition, l’évaluation des résidus de pesticides dans les aliments, l’appréciation quantitative de risque en microbiologie, la surveillance des consommations d’additifs alimentaires.

La réalisation de l’étude INCA 2 permet d’actualiser la base de données sur les consommations alimentaires et de suivre les évolutions intervenues depuis 1999.

L’exposition des consommateurs à des risques nutritionnels ou sanitaires dépend de leurs consommations et de leurs habitudes alimentaires. L’évaluation de l’exposition est une étape essentielle de la démarche de l’évaluation des risques. Une étude individuelle de consommation alimentaire doit apporter une description détaillée des aliments et boissons consommés par un nombre significatif de consommateurs pour permettre des analyses statistiques robustes.

Les consommations alimentaires des adultes

Les adultes vivant en France ingèrent en moyenne 2 744 g d’aliments et de boissons par jour (2 582 g/j chez les femmes et 2 922 g/j chez les hommes), dont plus de la moitié sous forme liquide. Les quantités moyennes consommées sont généralement supérieures chez les hommes, mais la consommation d’ultra-frais laitiers, de poisson, de fruits, d’eau, de boissons non alcoolisées fraîches ou chaudes, de soupes et bouillons est plus fréquente chez les femmes. Les femmes sont également plus nombreuses à consommer des produits sucrés (biscuits, pâtisseries et gâteaux, glaces et chocolat). À l’inverse, les consommations de produits carnés (viandes, charcuterie), de pommes de terre, de fruits secs et graines oléagineuses et de boissons alcoolisées sont plus courantes chez les hommes.

Des habitudes alimentaires différentes se dessinent également avec l’âge. Les jeunes adultes (18-34 ans) ont davantage recours aux aliments transformés ou demandant peu de temps de préparation, (céréales pour petit-déjeuner, pizzas, sandwichs, boissons fraîches sans alcool…) tandis que leurs aînés (55-79 ans) paraissent plus impliqués dans la préparation culinaire, avec une consommation plus importante de produits bruts (oeufs, poisson, fruits et légumes) et de matières grasses végétales. Ces derniers perpétuent également la consommation d’aliments traditionnels (pain, fromage, soupes, sucres et dérivés, boissons alcoolisées, café).

Un niveau d’éducation élevé est associé à une consommation plus importante de produits de la mer, de légumes, de fruits frais ou secs, de pâtisseries et gâteaux, de glaces, de sucres et dérivés tandis qu’un niveau d’éducation plus bas est lié à une consommation plus importante de pâtes, beurre et pommes de terre.

Enfin, la localisation géographique détermine certaines habitudes alimentaires, notamment l’utilisation des matières grasses (beurre et margarine au Nord et à l’Ouest, huiles au Sud et à l’Est). Les habitants du Nord de la France consomment davantage de pommes de terre et d’aliments sucrés et ceux du Sud de légumes. Entre l’Est et l’Ouest, les divergences concernent plutôt les produits laitiers (laits, ultra-frais laitiers et entremets à l’Ouest, fromages à l’Est) et le niveau de transformation des aliments.

Les consommations varient également d’une saison à l’autre. Ainsi, les fruits, les légumes, les glaces, les ultra-frais laitiers, les boissons fraîches sans alcool et l’eau sont davantage consommés en été ou au printemps alors que les plats composés, les légumes secs, les soupes et bouillons, les fruits secs et graines oléagineuses et les boissons chaudes le sont davantage en hiver ou en automne.

L’étude des consommations selon les repas montre que les céréales de petit-déjeuner, les laits, les boissons chaudes, le sucre, la confiture, et le miel sont spécifiques du petit-déjeuner. De façon moins évidente, la répartition des groupes d’aliments entre les déjeuners et les dîners semble se faire selon le degré de préparation culinaire nécessaire, le dîner favorisant les groupes d’aliments demandant moins de préparation (charcuterie, ovo-produits, pizzas, quiches…).

Par ailleurs, certains groupes d’aliments sont davantage consommés les jours de week-end que les jours de semaine (produits sucrés, boissons alcoolisées, fruits secs et graines oléagineuses, crustacés et mollusques). Ce sont en général des aliments à connotation festive fréquemment consommés en dehors du domicile.

Depuis l’étude INCA 1 en 1999, les consommations alimentaires des adultes ont évolué. Ils consomment plus de fruits et légumes (+ 10 %) et moins d’aliments sucrés (– 11 %), de viandes (– 10 %), d’oeufs (– 16 %), de laits (– 24 %) et légèrement moins de féculents (– 3 %). Au sein de certains groupes d’aliments (féculents, aliments sucrés), des mutations s’opèrent avec des basculements de consommations d’une catégorie à une autre. Ainsi, les consommations de pâtes et de riz progressent (+ 14 %) au détriment de celles de pain (– 7 %) et de pommes de terre (– 7 %) ; et les viennoiseries, pâtisseries, gâteaux et biscuits sucrés (– 13 %) cèdent la place aux glaces (+ 32 %) et au chocolat (+ 58 %). Certaines évolutions sont par ailleurs caractéristiques du sexe de l’individu : les femmes montrent en effet une plus forte augmentation des consommations de fruits et légumes (+ 14 % contre + 6 % chez les hommes) et une baisse plus marquée de celle des laits (– 31 % versus – 15 % chez les hommes).

Occasions et lieux de consommation

Le modèle traditionnel français se caractérise par un rythme alimentaire quotidien basé sur trois repas principaux, auxquels peut s’ajouter un goûter, notamment chez les enfants. Ce rythme traditionnel persiste dans l’étude INCA 2, principalement aux âges extrêmes. Il est respecté par 86 % des 55-79 ans et 74 % des 3-10 ans. En revanche, seulement 44 % des 18-34 ans et 34 % des 15-17 ans ont pris trois repas par jour pendant les 7 jours de l’étude. En effet, dans ces catégories d’âge, le petit-déjeuner n’est pas systématiquement pris (39 % des 18-34 ans et 50 % des 15-17 ans). Ces différences avec l’âge existaient déjà en 1998- 99 (INCA 1), mais se sont accentuées en 2006-07 (INCA 2). Ainsi, à l’effet âge lié au mode de vie particulier des jeunes adultes, semble s’ajouter un effet génération qui conduit à une déstructuration plus marquée du rythme alimentaire entre 15 et 35 ans.

En France, le repas est également un moment de convivialité, très fortement associé à la famille. Comme en 1999 dans l’étude INCA 1, cette convivialité familiale ressort de façon importante dans l’étude INCA 2 et si la famille n’est pas présente, le repas est partagé avec des amis ou des collègues. Par ailleurs, quelle que soit la classe d’âge, le lieu privilégié pour prendre ses repas reste le domicile.

Bien que moins fréquent chez les adolescents et les jeunes adultes, le rythme de trois repas par jour caractérise toujours le modèle alimentaire français. Les repas demeurent fréquemment partagés en famille ou entre amis et à domicile.

Les consommations alimentaires des enfants

Les enfants âgés de 3-17 ans consomment en moyenne 1 760 g/j d’aliments et de boissons, ces dernières représentant 51 % des consommations. D’un point de vue quantitatif, les garçons ont des consommations plus conséquentes que les filles : 1 863 g/j contre 1 650 g/j, respectivement. Cette différence se retrouve notamment pour les consommations d’aliments céréaliers, de féculents, de produits animaux (comme les viandes et produits laitiers) et d’aliments de type « snacking ». Cependant, la hiérarchisation des aliments et boissons selon leur contribution aux consommations totales est globalement similaire chez les filles et les garçons.

Chez l’enfant, les consommations quotidiennes moyennes sont fonctions croissantes de l’âge : elles se chiffrent à 1 624 g/j chez les enfants de 3-10 ans, 1 883 g/j chez les adolescents de 11-14 ans et atteignent 1 955 g/j chez les adolescents de 15-17 ans. En dépit de la croissance, certaines consommations (en g/j) diminuent toutefois avec l’âge : il s’agit en particulier des laits, des ultra-frais laitiers ainsi que des compotes et fruits cuits. La contribution relative des pâtisseries et gâteaux s’atténue également avec l’âge. À l’inverse, la consommation de boissons alcoolisées et des produits salés de type « snacking » est plus prononcée chez les adolescents de 15-17 ans.

Le niveau d’éducation du représentant de l’enfant est associé positivement à la consommation d’ultra-frais laitiers, de fromages, de légumes, de fruits et compotes, de pâtisseries et gâteaux, de glaces et desserts glacés, d’huile et d’eau. À l’inverse, les enfants issus des milieux de plus bas niveau d’éducation consomment davantage de pâtes, charcuteries, boissons chaudes, sandwichs et casse-croûte, plats composés et boissons rafraîchissantes sans alcool. Les variations des consommations en fonction des contextes géographiques (gradients Nord-Sud et Est-Ouest) et temporel (week-end/jours de semaine) sont analogues à celles observées chez les adultes.

Relativement à la répartition des consommations alimentaires en fonction du type de repas, des similitudes avec les adultes sont très nettes pour les trois repas principaux : petit-déjeuner, déjeuner et dîner. En revanche, le goûter des enfants comprend plus du tiers des viennoiseries, biscuits, pâtisseries et chocolat consommés ; la part des fruits et des compotes consommés au goûter est relativement faible (environ 15 %). Les encas (hors goûter) contribuent plus faiblement aux consommations ; les aliments qui les caractérisent sont essentiellement les biscuits, le chocolat, les sucres et dérivés, les fruits secs et graines oléagineuses et l’eau. Les boissons rafraîchissantes sans alcool sont réparties de façon relativement homogène sur le petit-déjeuner, les deux repas principaux et le goûter. Il en est de même du pain et de la panification sèche pour les trois repas principaux (petit-déjeuner, déjeuner et dîner). Source : Afssa

 
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