Des parlementaires américains viennent de déposer un projet de loi demandant que les biberons au Bisphénol-A (BPA) ne soient plus fabriqués ou commercialisés aux Etats-Unis. Si cette loi étaient adoptée comme le souhaitent Dianne Feinstein, Edward Markey et Chuck Schumer, ce serait la fin des biberons en plastique.
Le projet de loi introduit vendredi par des parlementaires américains pourrait signer l'arrêt de mort des biberons en plastique ou au Bisphénol-A (BPA), un composé chimique suspecté d'être à l'origine de problèmes de développement du cerveau des nouveau-nés.
Six gros fabricants américains ont dernièrement renoncé à la mise en vente aux Etats-Unis de biberons plastique en Bisphénol-A. Le biberon en verre doit faire son grand retour sur le marché.
Dans le cadre de son Plan de gestion des produits chimiques, le Canada a pris des mesures strictes à l'égard du bisphénol A. Le National Toxicology Program, qui fait partie des National Institutes of Health (USA), a publié un rapport qui reconnaît un lien entre l’exposition au bisphénol-A et le cancer du sein, le cancer de la prostate, la puberté précoce chez les filles et des troubles du comportement comme l’hyperactivité. Le bisphénol-A représente – selon le terme exact que les rapporteurs emploient – “some concern” (que l’on pourrait traduire par “un sujet d’inquiétude”).
Le ministre canadien de la Santé, Tony Clement, a annoncé que la Canada serait le premier pays au monde à classer le bisphénol A (BPA) comme substance toxique et à interdire son utilisation dans le polycarbonate des biberons pour enfants.
Le gouvernement du Canada a pris des mesures à l’égard d’un autre produit chimique préoccupant : le bisphénol A
L’honorable Tony Clement, ministre de la Santé, et l’honorable John Baird, ministre de l’environnement, ont annoncé aujourd’hui que le gouvernement prend des mesures pour protéger la santé des Canadiens et l’environnement d’un autre produit chimique préoccupant.
Le Canada est le premier pays au monde à effectuer une évaluation du bisphénol A en collaboration avec l’industrie et d’autres intervenants, et à tenir une consultation publique de 60 jours pour déterminer s’il faut interdire l’importation, la vente et la publicité des biberons de polycarbonate qui contiennent du bisphénol A.
La période de consultation commencera le 19 avril 2008, une fois que le gouvernement aura publié un avis sommaire des conclusions de son évaluation dans la Gazette du Canada, partie 1.
« Le Canada est le premier pays au monde à évaluer les risques présentés par certains produits chimiques préoccupants, après que le premier ministre a annoncé une nouvelle initiative intitulée Plan de gestion des produits chimiques, le 8 décembre 2006, a déclaré le ministre Clement. Nous nous sommes empressés de prendre des mesures à l’égard du bisphénol A, parce que nous croyons que c’est notre devoir d’assurer que les Canadiens et notre environnement ne sont pas exposés à un produit chimique potentiellement nocif. »
Bien que l’évaluation préliminaire du bisphénol A de Santé Canada portait principalement sur son incidence sur les nouveau-nés et les nourrissons âgés d’au plus 18 mois, l’évaluation a tenu compte des risques pour la santé des Canadiens de tous les âges.
Des études ont déterminé que la principale source d’exposition des nouveau-nés et des nourrissons se produit lorsque le biberon de polycarbonate est exposé à une température élevée, et lorsque le bisphénol A, imprégné dans le revêtement des boîtes de préparation pour nourrissons, migre dans la préparation liquide.
Les scientifiques ont conclu dans leur évaluation que l’exposition des nouveau-nés et des nourrissons au bisphénol A est inférieure aux niveaux générateurs d’effets sur la santé. Cependant, l’écart entre cette exposition et l’effet sur la santé n’est pas assez grand.
En guise de précaution, le gouvernement du Canada propose de réduire l’exposition au bisphénol A chez les nouveau-nés et les nourrissons grâce aux mesures suivantes : interdire les biberons de polycarbonate ; fixer des cibles de migration rigoureuses pour le bisphénol A dans les boîtes de préparation pour nourrissons et les autres conserves d’aliments ; travailler avec l’industrie afin de mettre au point d’autres moyens d’emballer les aliments et élaborer un code de pratique ; inscrire le bisphénol A dans l’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement.
Les scientifique d’Environnement Canada ont également constaté que le bisphénol A peut être nocif au fil du temps pour les poissons et les organismes exposés à de faibles concentrations du produit. Des études indiquent que ce produit peut être décelé dans les usines de traitement des eaux usées et des boues résiduaires.
« Lorsqu’il est question de l’environnement du Canada, la sécurité n’a pas de prix », a fait valoir le ministre Baird. Nous avons découvert que le bisphénol A avait des effets non seulement sur la santé, mais aussi sur l’environnement. Notre gouvernement ira donc de l’avant et travaillera avec les provinces et les intervenants afin d’éviter le rejet de bisphénol A dans l’environnement et de prendre les mesures nécessaires à l’utilisation et à l’élimination sécuritaires de ce produit. »
Qu'en est-il en France et en Europe ?
Lors d'une conférence tenue le 3 mars 2009 à Paris, le "Réseau Environnement Santé" (RES), un collectif de plusieurs organisations non gouvernementales, a évoqué les dangers du Bisphenol A (BPA).
Le groupe de PC/BPA de PlasticsEurope a tenté de réagir pour "rétablir la véracité des faits concernant le BPA", qui est "l’une des substances chimiques les plus largement testées et étudiées". Voici les arguments avancés par le Polycarbonate/BPA-group PlasticsEurope :
Les produits à base de BPA sont sûrs
Se basant sur un grand nombre de résultats scientifiques avérés, les autorités sanitaires Européennes ont conclu que les objets et matériaux à base de BPA sont sans danger dans leurs usages prévus, à la fois pour les consommateurs et les applications industrielles.
Récemment, la Commission européenne (en juin 2008), l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) en juillet 2008 et l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (en novembre 2008) ont confirmé que les produits préparés à partir du BPA ne représentent aucun risque pour les consommateurs.
Dans son avis, l’EFSA a confirmé la sécurité des applications basées sur le BPA en contact avec les aliments pour tous les groupes d’âge, y compris les fœtus et les nouveau-nés.
Les évaluations des autorités Européennes sont rigoureuses et indépendantes
Les évaluations des risques de l’Union européenne sur la sécurité des substances sont largement reconnues comme étant aujourd’hui les plus rigoureuses.
Pour l’évaluation des risques du BPA, les experts scientifiques indépendants de l’Union Européenne ont examiné plusieurs centaines d’études publiées ces dernières années, parmi lesquelles aussi bien des études exploratoires limitées réalisées hors des protocoles établis, que des études complètes et sérieuses conduites selon les protocoles et les normes en vigueur et couvrant tous les groupes d’âge de consommateurs potentiels.
BPA ne provoque pas du cancer
Après avoir évalué plus de 1000 études sur le BPA, le récent rapport d’évaluation des risques de l’UE a confirmé sa conclusion : le BPA n’est pas une cause de cancer dans les conditions réalistes d’exposition.
Il n’existe aucune preuve scientifique laissant supposer que le bisphénol A (BPA) provoque le cancer, ni qu’il représente un risque pour la santé humaine à des niveaux d’exposition réalistes.
Les résultats de certaines études exploratoires n’ont pas été confirmés par les autres équipes scientifiques et ne permettent pas d’interprétation cohérente.
BPA n’est pas un perturbateur endocrinien
Le BPA n’est pas un perturbateur endocrinien, selon la définition communément acceptée de Weybridge (la définition s’est développée à un atelier, soutenu par la Commission européenne), puisque aucun effet néfaste n’est prouvé.
Comme beaucoup de substances naturelles présentes dans les denrées alimentaires de la vie quotidienne, le BPA montre une activité très faible similaire à l’œstrogène, et uniquement à de très hauts niveaux d’exposition auxquels les êtres humains ne peuvent pas êtres exposés.
Cette activité similaire à l’œstrogène est sans danger et son effet reste sensiblement inférieur à celui de haricots de soja ou même une assiette quotidienne de carottes, par exemple.
La procédure législative au Canada concernant BPA n’est pas conclue
Les scientifiques canadiens ont conclu dans leur évaluation de BPA que « Le bisphénol A ne représente pas un risque pour la population en général y compris les adultes, les adolescents et les enfants. »
Toutefois, Santé Canada envisage une approche plus prudente en ce qui concerne les nouveau- nés et les nourrissons, en faisant valoir que l’écart entre les niveaux de BPA où les effets potentiels peuvent se produire et l’exposition devrait être plus grand.
Cependant, avant que cette proposition devienne une loi, une procédure législative doit avoir lieu. Cette procédure vient juste de commencer, et prendra sûrement quelque temps.
Le corps scientifique internationalement reconnu est arrivé à deux conclusions simples : Comme c’est le cas pour tout autre matériau en contact avec les aliments, il est possible que des quantités infimes de produits chimiques - y compris le bisphénol A - migrent à partir de polymères.
Toute exposition au BPA est très faible et ne présente aucun risque ni pour la santé humaine ni pour l’environnement, données confirmées par les évaluations des risques réglementaires.



0 commentaire
|
Aucun commentaire n'a encore été posté.
