Au terme d'une réunion au sommet de deux jours, les dirigeants de près de 50 pays rassemblés à Washington sont convenus de prendre des mesures tangibles et significatives pour assurer la sécurité de toutes les matières nucléaires de par le monde.
Le président Obama, qui avait lancé cette initiative mondiale lors d'un discours prononcé en avril 2009 à Prague, a qualifié cet accord global de témoignage de ce qu'il est possible de réaliser dans le cadre d'un partenariat multilatéral.
Dans son allocution à la clôture du Sommet sur la sécurité nucléaire, le 13 avril, M. Obama a déclaré : « Nous avons réellement progressé dans la voie de la construction d'un monde plus sûr. »
Les participants à ce sommet sont tous également conscients aujourd'hui du danger de voir des matières nucléaires tomber entre les mains d'organisations terroristes qui s'en serviraient assurément pour fabriquer une arme, a dit M. Obama.
Tous les participants ont également donné leur aval à l'objectif établi par le chef de l'exécutif américain qui est d'avoir placé en sécurité toutes les matières nucléaires vulnérables d'ici quatre ans - un objectif qualifié d'ambitieux par le président Obama qui a ajouté qu'il pouvait néanmoins être atteint.
« L'urgence de la menace, et les conséquences catastrophiques de ne serait-ce qu'un seul acte de terrorisme nucléaire, exigent un effort à la fois audacieux et pragmatique », a souligné M. Obama.
Les États prenant part au sommet ont également réaffirmé à l'unanimité leur responsabilité d'assurer la sécurité de toutes les installations et matières nucléaires sous leur contrôle et se sont engagés à œuvrer dans le cadre d'un programme soutenu et efficace de coopération internationale au regard de la sécurité nationale, a précisé M. Obama, ajoutant : « Nous invitons les autres pays à se joindre à nous. »
Pour leur part, les États-Unis renforceront la sécurité de leurs propres installations nucléaires et ont invité l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) à examiner les mesures qu'ils ont mises en place. Le président a indiqué que les États-Unis avaient joint leur voix à celle du Canada pour appeler la communauté internationale à consacrer 10 milliards de dollars aux démarches visant à renforcer la sécurité nucléaire de par le monde.
Le prochain Sommet sur la sécurité nucléaire étant prévu à Séoul en 2012, M. Obama a remercié son homologue sud-coréen Lee Myung-bak d'avoir accepté d'en être l'hôte.
Selon la déclaration rendue publique à la fin du sommet le 13 avril, tous les pays et les organisations y ayant participé sont convenus d'adopter en coopération un ensemble de mesures visant à donner la priorité à la protection des matières nucléaires qu'ils possèdent et à assurer leur sécurité pendant leur transit ; ils se sont également mis d'accord sur le fait qu'il était nécessaire d'améliorer leur capacité à assurer la sécurité nucléaire de par le monde.
La déclaration réaffirme l'appui des participants aux accords internationaux déjà en vigueur et ayant trait à la sécurité et au maniement des matières fissiles. Outre la résolution 1540 du Conseil de sécurité de l'ONU qui exige des États membres de prendre des mesures efficaces pour prévenir la prolifération des armes de destruction massive, la Convention sur la protection physique des matières nucléaires (CPPMN) de 1987 constitue un document ayant force de loi qui requiert des signataires de protéger lesdites matières. Elle établit aussi les mesures à appliquer relatives à la prévention de la saisie de celles-ci par des entités non autorisées, à leur détection au cours de leur circulation en transit et aux sanctions pour les infractions aux lois sur les matières fissiles.
Au sommet, l'ordre du jour pour le 13 avril invitait les pays qui ne l'avaient pas encore fait à ratifier l'amendement de 2005 du CPPMN, lequel impose des obligations légales aux signataires de protéger leurs installations et leurs matières nucléaires, et élargit le cadre de la coopération dans les efforts visant à récupérer les matières fissiles volées. Cet amendement, que l'ordre du jour décrit comme « étant d'une importance vitale à la sécurité nucléaire », doit être ratifié par les deux tiers des 142 pays signataires du CPPMN pour entrer en vigueur.
En outre, les participants ont pris note de la Convention internationale pour la suppression des actes de terrorisme nucléaire de 2005, que l'ordre du jour qualifiait d'élément clé parmi les mesures visant à empêcher les terroristes de mettre la main sur des armes de destruction massive et à identifier leurs cibles potentielles, et établissant aussi des règles précises pour l'extradition et la poursuite en justice des personnes ou entités responsables d'infractions.
L'ordre du jour encourageait tous les participants à se servir des ressources mises à leur disposition par l'AIEA, notamment du savoir-faire de cette agence onusienne au regard de l'amélioration de la sécurité, du conseil technique et des programmes de formation.
Dans ses propos, le président Obama a dit qu'il avait été évident, au cours des débats du sommet, « que nous n'avons pas besoin de nous doter d'un grand nombre de nouvelles institutions et de nouvelles couches de bureaucratie ».
En revanche, a-t-il souligné, la communauté internationale doit « renforcer les institutions et les partenariats dont nous disposons déjà - et en accroître encore l'efficacité ».



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