Jean Sarkozy, un des fils du président français Nicolas Sarkozy, a été relaxé lundi par le tribunal correctionnel de Paris qui estime qu'il est "accusé à tort". Le plaignant a été condamné à verser 2000 euros de réparation pour "procédure abusive".
Jean Sarkozy, le fils du président français Nicolas Sarkozy, comparaissait devant le tribunal correctionnel de Paris après la plainte d'un automobiliste qui l'accuse d'avoir percuté sa voiture.
L'audience a finalement tourné en faveur de Jean Sarkozy. Le procureur a requis sa relaxe.
Numéro d'immatriculation à l'appui, le conducteur de la BMW, M'Hamed Bellouti, assure que c'est le scooter du fils du président de la République qui a embouti sa voiture un vendredi d'octobre 2005 sur la place de la Concorde.
Il a donc attaqué Jean Sarkozy, convoqué pour « délit de fuite, défaut de maîtrise, non-respect des distances de sécurité et dégradation d'un bien d'autrui ».
« Je suis tout à fait étranger à ce qui m'est reproché, a annoncé Jean Sarkozy d'emblée. Je ne suis pas impliqué dans un accident, ni celui-là ni un autre. A l'heure indiquée dans la procédure, vers 16 h 30, je devais suivre mes cours. »
Quatre heures durant, le scooter, le pare-chocs, la BMW et les conclusions des experts ont été disséqués. « Remarquable dans sa clarté et sa concision, dénué de toute ambiguïté », selon le procureur, le rapport de l'expert désigné par le tribunal conclut à l'impossibilité de l'accident. Les avocats de M'Hamed Bellouti, Christophe Launay et Philippe Lejard, ont bataillé ferme pour faire annuler cette expertise, dont ils estiment qu'elle a été faite dans le dos de leur client. Comme ils avaient aussi contesté la première expertise, réalisée à la demande de Thierry Herzog et concluant à la même impossibilité.
A l'issue de cette longue audience, le mystère du scooter demeure : si Jean Sarkozy n'a pas heurté la BMW, comment M'Hamed Bellouti s'est-il procuré le numéro d'immatriculation ? Le procureur, qui a requis la relaxe, a clairement exposé qu'aucune des infractions n'est «caractérisée». Finalement, Jean Sarkozy est relaxé, et son avocat Me Herzog peut se réjouir réjoui que "le simple relevé d'un numéro d'immatriculation ne soit pas suffisant pour matérialiser une infraction". En fait, il se réjoui que la justice française n'ait pas voulu prendre cet élément troublant en considération.
Extraits de l'audience du 29 septembre 2008
"Silence dans la salle, nous ne sommes pas au théâtre de boulevard ! Un peu de décence, s’il-vous-plaît. Faites entrer l’accusé à tort, Jean Sarkozy !" a lancé le juge pour calmer les personnes présentes à l'audience. Comment sait-il que Jean est innocent ?
"Monsieur le Président, je nie les faits qui me sont reprochés, je répète que je n’étais pas le 14 octobre 2005 place de la Concorde", se défend le fils de Nicolas Sarkozy.
Quand le juge lui fait remarquer que M’Hamed Bellouti, le conducteur de la BMW qu'il a heurtée avant de s'enfuir affirmait avoir relevé le numéro de la plaque d’immatriculation de son scooter, Jean Sarkozy répond que le plaignant ne pouvait pas relever le numéro de sa plaque "car il faisait nuit". Le juge lui demande alors comment il sait qu'il faisait nuit. "Vous étiez donc bien là ?" lui a lancé le juge. "Non, mais j’ai regardé plus tard dans Le Figaro à quelle heure avait eu lieu l’accident que l’on m’impute sans aucune preuve.", se défend le jeune étudiant en droit.
Jean Sarkozy fait allusion aux fonctions ministérielles de son père Nicolas Sarkozy au moment des faits. "Pensez-vous que, mon père occupant alors les fonctions de ministre de l’Intérieur, j’aurais ainsi risqué de le mettre dans une situation délicate à cause d’un comportement irresponsable ? La presse se serait jetée sur l’affaire comme un pitbull sur un bébé laissé sans surveillance !"
Le juge pose enfin la question de sa voir si Jean Sarkozy, conseiller général UMP des Hauts-de-Seine, possédait toujours un Scooter. L'accusé répond qu'il a une voiture de service avec chauffeur. Génial !
Le verdict tant redouté tombe enfin, "le plaignant, M’Hamed Bellouti est condamné à verser 2 000 euros au mis en cause pour procédure abusive." Quant à Jean Sarkozy, "l'’accusé à tort est donc relaxé".
Dans un bref communiqué où il se borne à "prendre acte" du jugement, Jean Sarkozy a tenu à préciser qu'il reversera les 2000 euros à une association humanitaire.
(NB: Certains éléments de cet article proviennent du site de vidéos Dailymotion)



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