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Merkel-Sarkozy : le couple franco-allemand bat de l’aile
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Publié le 26/11/2008 12:57 par La Rédaction

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Photo : France-Allemagne
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            (DW)

Le 25 mars 2007, les premiers responsables européens ont adopté, à l’occasion du cinquantenaire du traité de Rome, la déclaration de Berlin. Un document qui fixe juin 2009 comme date de l’entrée en vigueur d’un nouveau traité, remplaçant le traité constitutionnel, rejeté en 2005 par la France et les Pays-Bas.

Angela Merkel, qui assurait la présidence en exercice de l’UE à l’époque, et les présidents de la commission et du Parlement européens ont apposé leur signature sous le texte en présence des chefs d’Etat et de gouvernement des 27 pays de l’UE.

Restaient maintenant les modalités d’adoption, qui ont divisé les Européens, Sarkozy étant par exemple pour « un traité simplifié » ratifié par voie parlementaire, chose qu’il a obtenue tandis que d’autres penchent pour le chemin référendaire ou même y ont dit « non », comme les Irlandais. Ce 25 mars donc, Merkel déclarait : « Nous le savons bien, l’Europe est notre avenir commun ». Ces mots résument l’essentiel des peuples de l’Europe qui ne peuvent réussir ce projet qu’ensemble dans un monde où le nationalisme connaît un regain manifeste.

Mais voilà, depuis 5 mois, le président français, Nicolas Sarkozy, est à la tête de l’UE et la crise financière qui secoue le monde est passée sur cet avenir européen, qui nécessite, à coup sûr, des mesures vigoureuses. Deux gros chantiers qui se sont présentés au chef de l’Etat hexagonal, lequel en a fait presque des affaires personnelles.

Ainsi, sur le volet international, Sarkozy veut une réforme du système financier mondial, une idée lumineuse et pertinente qu’il faut bien peaufiner avant application. Encore qu’il faille convaincre tous les grands de la planète de son bien-fondé.

Ce qu’a réussi en partie Sarkozy, qui a pu persuader George W. Bush de convoquer un sommet du G20, qui s’est tenu le 15 novembre 2008 à Washington. Mais on sait qu’il faut attendre après le 20 janvier 2009, quand Barack Obama aura pris sa chose, pour que de vraies décisions puissent être envisagées. Sarkozy devra donc ronger son frein jusqu’à « l’Inauguration day ».

Mais, si sur le plan mondial, le premier des Français doit revoir ses ambitions à la baisse pour le moment, du côté de l’UE, ayant le gouvernail du capitaine, il peut bien manœuvrer pour arriver au port souhaité. C’est ce qu’il tente de faire avec l’Allemagne, le partenaire traditionnel. D’où les actes en cours qu’il pose à l’intention l’une des femmes les plus influentes au monde : Angela Merkel, la chancelière.

Dans ce cadre, ce 24 novembre 2008 à Paris, Sarkozy l’a consultée pour une relance de l’économie européenne, prise dans les tenailles du krash planétaire. En clair, Sarkozy a proposé à ce 10e conseil des ministres franco-allemand que la chancelière injecte 130 milliards d’euros (soit 1% du PNB des Européens) pour revitaliser l’économie européenne, ce qui entre dans le plan de Bruxelles, sur lequel les 27 se prononceront les 11 et 12 décembre prochain.

Nein ! a répliqué Merkel, qui a estimé que son pays, locomotive de l’UE, a déjà beaucoup fait avec 32 milliards versés pour l’économie de l’Europe. Une réponse qui ne surprend point, car, en dépit des apparences, le couple France-Allemagne bat de l’aile : du côté germanique du Rhin, on n’apprécie guère cette fâcheuse tendance de Sarkozy à se présenter comme le sauveur de l’Europe, voire du monde.

Ni sa manie de tirer la couverture à soi comme comme lors de la libération des infirmières bulgares, qui était une affaire européenne, encore moins son discours pendant la visite du Guide libyen en France. Bref, les Allemands reprochent à Sarko d’exceller dans la mise en scène (quotidien économique Handesblatt) et dans le forcing. Ce n’est pas pour rien que la presse l’a surnommé « Kraftmeier », monsieur Muscles. Autant dire qu’il faut d’autres méthodes pour rabibocher un couple franco-allemand en déshérence.

 

Z. Dieudonné Zoungrana de l'Observateur

 
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