Le président de la République, Nicolas Sarkozy, a annoncé mercredi au cours d'une allocution télévisée une série de "mesures nouvelles" économiques et sociales, chiffrées à 2,6 milliards d'euros, destinées aux Français touchés par la crise économique. Le Chef de l'Etat a annoncé la création pour 2 ans d'un fonds d'investissement social doté de 2,5 à 3 milliards d'euros pour l'emploi et la formation.
"Nous sommes au milieu de la crise", a affirmé Nicolas Sarkozy qui prévient que les chiffres des mois à venir sont "inquiétants" mais que "la France a tout pour s’en sortir plus vite" et plus forte si elle évite "une politique de facilité" qui pourrait sacrifier l’avenir au présent et conduire à la banqueroute, et qui "ruinerait la compétitivité de notre pays".
"Nous sortirons de la crise en modernisant la France", a déclaré Sarkozy qui veut miser sur l’investissement, la réforme et le travail. Il n'est pas nécessaire d'embaucher davantage de fonctionnaires ou de rétablir l’autorisation administrative de licenciement.
Nicolas Sarkozy n'envisage pas une augmentation du SMIC qui, rappelle-t-il, ne concerne qu'un salarié sur 10. Une telle mesure aggraverait les difficultés des PME qui seraient conduites à licencier.
Le Chef de l'Etat a dit aux représentants des organisations syndicales et du patronat qu'il est déterminé à aborder cette période de crise dans "un esprit de responsabilité" et de justice en évitant de faire souffrir davantage les plus fragiles qui doivent travailler dur pour faire vivre leur famille.
Face aux inquiétudes et difficultés des Français, Nicolas Sarkozy a fait des promesses intéressantes :
Les salariés au chômage partiel seront désormais indemnisés jusqu’à 75% de leur salaire brut. Il sera demander aux banques d’assouplir leurs échéanciers d’emprunt dans le but de leur permettre de traverser cette période de crise.
Ceux des chômeurs qui ne bénéficient pas de l’assurance chômage pour avoir cotisé peu devront recevoir une prime exceptionnelle de 500 euros. Quant aux entreprises qui bénéficient des crédits du plan de relance, elles devront s’engager à former et à recruter des jeunes.
Nicolas Sarkozy annonce la création future d'n fonds d’investissement social dont la dotation pourrait atteindre jusqu’à 3 milliards d’euros pour favoriser l’emploi et la formation professionnelle en France.
Il va être demandé aux dirigeants des entreprises qui recourent au chômage partiel et/ou au licenciement économique de renoncer à leurs bonus.
Quatre millions de familles françaises dont les revenus se situent dans la première tranche d’imposition bénéficieront cette année d'une réduction de 2/3 de leur impôt sur le revenu. Ainsi, les personnes ayant déjà payé leur premier tiers provisionnel ne payeront plus aucun euro jusqu’à la fin de l’année. Les familles nombreuses sont parmi les grands bénéficiaires de cette mesure. L’économie d’impôt pour une famille avec 3 enfants atteindra en moyenne 400 euros. Cette mesure de séduction pour les classes moyennes fera des heureux. Deux millions de familles supplémentaires dont les revenus atteignent la deuxième tranche bénéficieront aussi d'une réduction d'impôt.
Trois millions de foyers bénéficiant de l’allocation de rentrée scolaire parce qu’ils ont des enfants de plus de 6 ans vont recevoir dès le mois de juin une prime de 150 euros.
660 000 familles bénéficiant de l’allocation d’autonomie à domicile, et 470 000 foyers ayant de jeunes enfants, ainsi que 140 000 foyers ayant au moins un enfant handicapé devront recevoir chacun des bons d’achat de services à la personne pour un montant de 200 euros. Cette mesure concerne également les chômeurs qui retrouvent un travail et qui ont besoin de faire garder leurs enfants parce qu'ils ont retrouvé un emploi.
Au total, l'Etat va mobiliser 2,6 milliards d’euros pour soutenir ceux que la crise met le plus en difficulté en France. Les syndicats jugent ces mesures "insuffisantes".
Aloys Evina - Continental News



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